La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

iOO LA REVUE SOCIALISTE fonction de l'être. Ce sont des savants et rien autre. C'est déjà quelque chose. Ces travaux furent d'abord purement statistiques et théoriques. Mais, la presse s'en empara. La classe ouvrière, encouragée par la publicité, commença la résistance. On lui avait fait connaître la Yérité. Pendant trente ans, de 1802 à 1833, les concessions qu'elle obtint furent purement nominales. C'est seulement, à partir du Factory-Act de 1833, s'appliquant seulement aux manufactures de coton, de laine, de lin et de s01e, qu'une journée normale de travail prend pied. La loi de 1833prescrit que lajournée ùe travail ordinaire dans les fabriques doit commencer à cinq heures et demie du matin et finir à huit heures et demie du soir, avec cette restriction que pour les adolescents de treize à dix-huit ans, les intervalles de repas ou de repos doivent réduire le travail effectif à douze heures. L'emploi des enfants au-dessous de huit ans est interdit. De neuf à treize ans lP. travail est limité à huit heures. Entre neuf et dixhuit ans, le travail de nuit est interdit. Cette loi fut tournée dans la pratique. Elle ouvrait pourtant la voie. Le Factory-act additionnel du 7 juin 1844 place sous la protection de la loi une nouvelle catégorie de tPavailleurs; les femmes au-dessus de dix-huit ans. Elles sont assimilées aux adolescents. Le travail des enfants au-dessous de treize ans est réduit à 6 heures et demie. Une des conséquences de cette réglementation en faveur des enfants et des femmes, fut que dans la pratique, la journée de traYail des ouvriers mâles adultes se trouva du même coup limitée, parce que dans la plupart des travaux de la grande industrie, la coopération d'enfants, d'adolescents et de femmes est indispensable. La journée de travail de douze heures fut donc la règle de 1844 à 1849. Le 8 jnin 1847un bill fut adopté par le Parlement, qui réduisait uniformément et définitivement à dix heures la journé de travail pour les adolescents et les femmes. Son contre-coup, d'après la remarque précédente, devait se faire sentir sur le tra·rnil des adultes qui, pratiquement, était ramené à dix heures. Aussi une résistance éclata parmi les chefs d'industrie. « Ce fut, après 1848,une rebellion 11 esclavagiste en miniature, poursuivie pendant plus de deux ans « avec l'effronterie la plus cynique, la persévérance la plus féroce « et le terrorisme le plus implacable, à d'autant meilleur compte 1< que le capitaliste révolté ne risquait que la peau de ses ouvriers. « Les fabricants se déclarèrent en révolte ouverte, non seulement « contre la loi de dix heures, mais encore contre toute la législation

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