La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

6n LA HEVUE SOClALI::,TE impol'Lance, nous considé1·011scomme élanl les frni ls J1alu1·l'ls cle ;'éyolulion philosophique et intellecLuclle, ,lont nous pom·suiYons ranalyse. Nous nous attacherons donc, uniquement, aux moteu1·s passionnels, qui agitent p1·ésentement les g1·oupes placés à la tête de la ciYilisation; et, en compai·aut ce:-;moteurs à ceux <1uiconduisaient no· ancèti·es, nous poureons suiy1·e facilement les transfo1·mations successiyes de l'esprit, social. Qu'est <1cYenul'absolutisme despotique qui di1·igca, ù son profit exclusif, la phase sociale dont nous somnws sol'Lis? Comme principe, on peut répond1·e qu'il est mol'!; la R<holuLion française l'a tué sans reton1·. i\Iais, COlll111C' fail, C''est lonl difft.'•1·cnl; il vit C'llCOt'Cet oppose à l'cs1ll'it nouveau la ,h'•l'<'llS('MsC'spé1·ée ,le ceux qui, se sentant irr<'•m(•tliabkment pc•1·dus, nC' C'herdlC'nt 1ilus <1n'àp1·olongrr le plus possible lem· existcnC'c. L'autocratie c1npè1·eest limiléc, pas assez, il C'sl uni; mais, l'al'ChO sainlc qui ab1ilait le despotisme fo111ilialest p:1·,nt'me11t allt'iule. La femme cl l'enfant, ont <les,lroiLs, à l'cnconfrc du mal'i l't du prt·e, eu aLtrJ1(1antque la campagne', qui se mène actiYc111enl, ail obtenu l'ép:alilé des sexes cl la 1n·otcclion lulélai1·c' llc l'i~lat, en f'aycur dc•s enfants exposés aux. séYiccs ck pè1·es indignes. Aujoued'lrni, .\.bl'allam sl'rnit mal Yenu à inY011uc1·un 01·d1·0,1i,·i11 lui enjoignant, de sac1·ifie1·son fils, il ;1nn1iLmaille it pa1·Li1·a\'ec la Coul' ,l'assiscs, comme inculpé clc lentatiYe ,l'assassinat. Jcphté serait, pou1· le moius, a < 'ayennc. De ce côté, nous sommes donc en p1·og1·ès. ::,i, maintenauL, nous ex.aminons les vhases p,u·com·ues Jlèll' le principe de la liberté in,livi<luelle, antnt qu'il ne soit a1-rin• à se poser comme un droit imp1·esc1·iptible et inaliénable, nous 1·elt·ouyons le même déYeloppement et la même exubémncc. Considérer son semblable comme une p1·op1·iété,dont on peut usc1· cl abuser à Yolonté, paraissait aux l'poques ohscu1·es, une c·ons<'- qucncc toute natueellc clu <li-oit ,le la force. Celte idée aYait gTaYé des empreintes si profoncles clans l'esprit humain, <1u'il a fallu un e.ll'ot•tconsidét·ablc de la 1·ai~o11,pou1· so sonslrnit·e it ce dange1·eux ret.our en a1Tiè1·c.Les peuplPs lC's plus polices ch' l'anLiquilé, les Grecs, qui ont analysé en maitres lous les 1·Pplis<lu cœur humain, toutes les ,lélicaLesses de la pensé<', les <rrecs eux-mêmes sont })assrs indifférents à côté de l'esclasage, sans s'apr1·ccrnit· <lr cc qu'il ayait de monstrueux. Solon, qui était un initiatcu1· pl'Og1·l'ssil', fut sm· cc point d'un aveuglement égal it C'<'lnid<' L,rcuq .tuc. c·e <l<'•séquilibrt• r(w•essif, qui tt·ansfornrn les LaC"éclérnonicnsen grossiers soudards, g-lol'ifiant le \'Ol et trou\'allt un ('l'Uel éll1HlSl'll1ellL, it ]ll'('Jl(]l'(' pûlll" cible do leU1·s flèches, les esclaYcs qu'ils apercenlienL lt·ayaillaut dans la. campagne.

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