LE DROIT 1:;coNOMIQUE G77 lisation. trop de moyens de subsistance, trop d'industrie, trop de commerce. Les forces productrices dont elle dispose, n'assurent plus les conditions de la pL·opriétébourgeoise; au contraire, elles sont devenues trop puissantes pour ces conditions, qui deviennent des entt·aves; et toutes les fois que les forces productrices sociales brisent les entraves, elles précipitent dans le désordre la société tout entière et menacent l'existence de la propriété bourgeoise. Le systême bourgeois est devenu trop étroit pour contemr .les richesses créées dans son sein. Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises? D'une part, pal' la destruction forcée d'une masse de forces productrices; d'autre part, par la conquête de nouveaux marchés et l'exploitation plus parfaite des anciens. C'est-a-dire qu'elle prépare des crises plus générales et plus terribles et réduit les moyens de les prévenir. » 'l'el n'est pas l'avis de certains économistes, et M. Yves Guyot (1) prétend que les crises sont le résultat d'un excès de consommation et nonde production. « Tout établissement de capital fixe est un excès de consommation », dit-il. Aussi les nations qui construisent trop hâtivement des lignes de chemins de fer, des canaux, immobilisent, par le fait, d'énormes capitaux qui ne seront productifs qu'a longue échéance. « L'entretien des ouvriers qui construisent un navire est une perte momentanée de richesse. Ils mangent du pain et de la viande, et cette consommation, pour le moment, ne leur donne pas un pouvoir d'achat plus considérable. » Il y a d'autant plus de vrai dans cette thèse qu'elle n'a rien de contradictoire avec celle qui fait naître les crises de l'excès de production. M. Yves Guyot en fait lui-même l'aveu, lorsqu'il dit que « tout excès de production est en réalité un excès de consommation. Le fabricant qui l'a commisa commencépar consommer en salaires pour les ouvriers, en matières premières, en houille, en organisation d'usine, une somme qu'il ne retrouve pas ensuite ,,. Qu'on ait produit trop de bonnets de coton ou trop de machines pour confectionner ou pour faire circuler ces bo1nets, le résultat est le même, c'est l'abondance des produits ou des moyens de produire qui détermine les crises. La distinction était donc inutile. Les économistes se consolent des crises, qui viennent de ce que « la production d'un produit déterminé est en dehors de toute proportion avec l'utilité de ce produit (2), en songeant que « la lutte pour l'existence accomplit son œuvre ». Résultat de cette lutte : « Les faibles disparaissent, les forts survivent. » En effet, les crises ont ce résultat de hâter la concentration capi- (t) La Science lconomique, p. 36•. (2) La Science économique,p. aaa.
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