La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

64 LA REVUE SOCIALISTE par laquelle a pu se glisser, malgré toutes les résistances, l'idée de la paix uniYerselle, de la solidarité des peuples et <le l'aYènement de la démocratie. Cela suffit, l'aseni1· est assuré. Quan<l bien même la race Mongole cléborrleeait Yictorieusement sui· la Yieille Eueope, nous Yerrions simplement recommencel' une foi: de plus le spectacle, si souyent ent.t·en1, du Yaincu ciYilisant. le Yainquem· : Athènes enchaînèe, obligeant Rome à courber la brutale prépondérance de la foece, deyant sa supériorité intellectuelle et ,u·tistique. Cependant, la presque ce1·titll(le clu succès ne doit pas nous faire oublier les rlifficuHés ,le la tàche. La « <1èclaration ,les clroits cle l'homme ,, a inaugu1·é ,l'une manièee <léflnitiYe, la phase' sociale rlémoc1·atique. C'est beaucoup sans cloute; mais, espérel' que l'humanité ya marche1· <le plain-piccl dans la nouYclle Yoie qui lui est offerte, sc1·ait une illusion. La France, a qui incombe la lotll'(le li1che cleguicler le reste du monde, est mise en suspicion par tous les absolutismes qui se sentent menacés. Comme tous les initiatem·s, lapidée et. meurtrie, elle est en butte aux haines et aux persécutions. Depuis près <l'un siècle, elle s'occupe laborieusement, à chercher la formule démocratique <le l'avenir, formule que n'ont pu tl'Ournr ni les Républiques de l'antiquité Grecc1ueou Romaine, ni les Républiques Italiennes clu moyen ,1ge, puisque chez les unes comme chez les autres, il y aYait <les priYilégiès et <lescliYisiom,cle classes. Combien de temps durera enco1·e ce pénible app1·entissage? ul ne saurait le ,lire, tant nous sommes encore englués dans les liens (lu pa:sé. ~rais, s'il ne nous est pas possible cle prérnir la date flxe de notre émancipation, il nous est cependant permis de calculer les chances probables, sut· lesquelles nous asons droit <lecompter. ÉYiclemment, nous ne pouYons tout cl'un coup faire table rase du passé. Les stigmates caractériel::- qui ont été incrustés en nous, par les génél'aLions précédentes, ne peuYe1lt s'effacer du joui- au lendemain. Si nous ,n-ons en nous l0c:;gel'mes d'une régénération, il now reste enco1·e beaucoup des impe1·fections de nos ancêtl'es. Comment sol'Lir de ce pas clif{le;ile?Pour juger la situation avec impartialité, il sel'ait nécessait'c de clresser un Ïll\·entaire exact des ressources matérielles et morales de la civilisation. C'est cc que nous allons essayer dc>fai1•e. On aclmettl'a sans pein€', qn'ayec les antécédents que nous ayons reconnus aux anciens groupements, il faudrait un hasard bien extraor<linain•, pour que l inc-ohé1·ence <les p1·emie1·s éléments de fol'Jl1ation n'eùt pas 1·ejailli, en partie, sur les groupements actuels. C'est, en effet, ce qui n'a pas manqué de se produire et. nous allons voir que l'autonomie et l'affinité font presque partout défaut.

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