LA PilOTESTATION COi\11\IUNISTE Gô7 Après Morelly et ses coréligionnaires contemporains, auxquels il convient d'ajouter l'anglâis Spense (1)1 après les échappées brillantes de Rousseau (Discours sur l'inégalité des conditions); de Brissot de \Vanville (Recherches philosophiques sur le droit de p1·oprz'été); de Marmontel (les Incas, Contes moraux); de Volney (les Ruines); de Saint-Lambert (Panthamias); de Necker (la Liberté du comme,•ce des grains); du marquis d'Argensoli ·(Considérations sur le gouvemement de la France); de Montesqüieu (Lettres persanes); de l'abbé de Saint-Pierre (P,·ojet de paix perpétuelle); de Condorcet (Tableaux des p1·ogrès de l'esp,·it humain); de Dom Déchamps (la Chaîne des vérités développée.t); de l'ab hé Raynal (Hi'stoire philo,ophique des Deux-Indes); de Helvétius (De l'homme et de • le génie pille, il égorge, a dit Rivât·ol, - donne â la solicla1·ité un fondement naturel. « La nature, dit il, a voulu qu'i1 en fût ainsi : 1 ° Ellé a fait stintir au:i hommes, par la parité des sentiments et des besoins, l'égalité de condition et de droits et la nécessité d'un travail commun. 2° Par la variété momentanée de ces besoins qui font qu'ils ne nous affectent pas tous également ni dans le même instant, elle nous avertit de se relâcher quelquefois de ces droits pour les èéde1· à d'autres et nous induit à le faire sans peine. 3° Qiie1quefois1 ellè pl·éviettt entre nous l;opposition, lâ coucurreneo des désirs, des goùts, des inclinations par un nombre suffisan~ d'objets capàbles de les contenter séparément, ou bien elle varie ces désirs, ces penchants sans les empêcher de tombe1· en même temps sur un objet qdi serait unique : trahit sua 'luemque voluptas. 1° Pal· la dive1·silt§de fbrces, d'industrie, de tàlenls lnesurés sur les différents àgès de notre vie ou la conformation de nds organes, elle indique nos différents emplois. 5· Elle a voulu que la peine, la fatigue de pourvoir à nos besoins toujours un peu plus étendus que_nos forces 1 quand nous sommes seuls, nous fit corrt- }lrendre là nécessité de 1·ecot1t·il'à des secours et rious inspirât de l'atfectidn pdlir tdut ce qui nous aide; de là riotl·e aversion ptlur l'abandon et la acJlitude, noire amour pour les ag1·éments et les avantages d'une puissante réunion, d'une société. 6· Enfin; pour exciter et entt-eteni1· parmi les hommes une réciprocité de secolll's et de gratitude. • . • (1) Spense1 instituteur l!otnme Morelly, fltt en Angleterre le précurseur de ce communi;,me radical que William Godwin et 'Robert Owen représenteront avec tant d'éclat le lendemain de la Révolution française. Spense se distingua, iùpérieur en ceci à Morelly, pdr un républicani~me éclairé et de bon aloi. Le pLtn cotnmuniste qu'il publia en 1785, sous le titre peu modeste de Spensonia est le développement de ce thème à la fols solida1·iste égalitaire et libertaire : Spensonîa est une Rëpublique une et indivisible, le peuple s'y compose de l'univet!lalité des citoyens. La propriété foucière y est inconnue 1 toutes les terres y appartiennent à l'Btat. Le pouvoir législatit' est exercé par un parlement annuel, élu par le suffrage universel. Les femmes jouissent des droits électoraux au même titre que les hommes. Un conseil de vingt-quatre ministres nommés pa.r moitié chaque année, est investi du pouvoir. La Républiqùe n'a point_d'armée permanente. Si la guerre écl11te, tout citoyen est soldat.
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