Ov8 LA BEVUE SOCIALISTE s~méducation); de Linguet ( Théorie des lois civile&), etc.; après cette poussée inouïe de revendications et d'aspirations noYatrices, la Revolution ne pouvait plus éclater sans que la protestation communiste no se mêlùt a la grande prot.estation libertaire et égalitaire qui allait emporter tout un monde politique. Pendant tout le fort de la lutte titanique qui souleva la France entière e::tdeborda sur l'Europe, les paroles enflammées de Claude Fauchet, de Chalier, de Jacques Roux. cl' Anacharsis Cloots, des meilleurs de la grande Commune, furent couvertes par le bruit des mondes croulants et les auteurs eux-mêmes furent emportés dans l'ouragan de. la bataille implacable. Néanmoins la protestation communiste, forcément ajournée, restait au fond des cœurs; on le vit après la tentative désespérée de Prairial. Et, si forte étaient les sympathies pour l'égalité, que la conjuration communiste de Babœuf, Darthé, Buonarotti, Sylvain Maréchal et de leur dix-sept mille affidés fut sur le point d'être victorieuse (1). ' Or, ce qu'avaient voulu les Egaux, que la dénonciation d'un traître amena, en 1796, devant la Haute-Cour de Vendôme, c'était la communauté de la terre, l'égalité des conditions, l'organisation administrative de la production et de la répartition des richesses, l'universalisation du travail, de l'instruction et du bien-être, en un mot, la République économique et le bonheur commun (2). Nous conviendrons que cette ultime protestation communiste Ides derniers siècles, bien conçue, quant aux moyens <le réalisation, était trop archaïque dans son inspiration et dans ses buts pour clurablement réussir; mais, nul ne pourra contester avec justicè qu'en posant à nouveau le problème social, avec cette grandeur tragique dans les dernières fulgurances révolutionnaires, elle ne l'ait imposée irrémissiblement au XIXe siècle qui, après tant de rêves, (l) Georges Avcnel : les Lundis révolutionnaires. (2) « L'égalité conditionnelle devant la loi est une chimère; s'il existe un seul homme sur terre plus ricbe, plus puissant que ses semblables, que ses égaux, l'équilibre est rompu ; qu'il ne soit pl us d'autre différence parmi les hommes que celles de l'âge et du sexe; la terre n'est à personne,: les fruits sont à tout le monde; l'Etat les distribue aux individus auxquels il doit une existence heureuse; en 1·evanche, il exige d'eux un travail obligatoire dont le mode, la quantité, la qualité sont réglés par lui seul. Le luxe, ma1·que de l'inégalité, doit disparaître et avec lui les grandes villes, centre d'agitation et d'immoralité. L'égalité implique l'éducation commune des enfants hoi-s de la surveillance des parents, l'enseignement limité aux connaissances d'utilité pratique, à J'exclusion de l'instruction spéculative. Le système établi, nul n'aura le droit d'émettre une opinion contraire aux principes sacrés de l'égalité et la frontière sera inexorablement fermée aux produits et aux. idées de l'étranger. Enfin, pou1· favoriser l'établissement du nouveau régime, les dettes publiques et privées seront abolies. • (Extrait du Manifeste des Egaux, par Sylvain Maréchal:)
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