LA PUOTESTATION C.OMl\IUNISTE 665 De Meslier, qui devança son temps, au fécond xvm0 siècle, la transition est facile. Malgré l'agression obscurantiste de la magistrature janséniste - cruellement rétrograde et sam·agement répressive, comme l'attestent entre autres crimes judiciaires la roue et le bûche1· de Labarre, de Calas, de Sirven et le supplice atroce de Damiens, abominations suffisantes à elles seules pour déshonorer la classe· dirigeante de ce temps et justifier, au delà, toutes les colères de la RéYolution française; -malgré cette noire et sanglante offensive du roi, du prêtre et du magistrat, l'esprit humain avait enfin vaincu et la protestation communiste éclat.ait, elle aussi, dans toutes les sections rln philosophisme triomphant. Les utopies égalitaires ou communautaires sont innombrables, on ne peut plus qu'énumére1· : Fontenelle : La République des AJaoiens ou des Philosophes; Varaisse d'Alais : la Républi'que des Sévérambes; Van der Neck : la Répubhque de Cessarès; Pechmeja : le Thélèphe; J. A. V. d'H... : Projet de communauté philosophe; Gaudence de Lucques: Mémoz"res; Terrasson: Sethos l'anthropophile; ,vielland : le Miroir d' 01·; Mably: les Entretiens de Phocion, etc. Nous pourrions continuer par Mercier, Ciros de Besplas, Cumberland, André Brun, Rétif de la Bretonne, Bernardin de SaintPierre, Florian... Mais la liste serait interminable. Notre grand Diderot lui-même à sacrifié sur l'autel de l'utopie communiste par sa République des Galligèt1es et son Supplém'!nt aux voyages de Bougainville. Mais aucun de ces réformateurs n'égala, pour la sûreté de vue et la parfaite connaissance de son i::ujet,l'humbleinstituteur Morelly dont la Basiliade et le Code de la Nature, publiés d'abord sans nom d'auteur, furent attribués à Diderot, ce qui est déjà un éloge significatif. Dans le Code de la Nature, Morelly se pose ce problème : Trouver urie situation dans laquelle il serait pr·esque impossi'ble que l'homme soit dénravé ou méchant, ou du moins minima de malis. Il trouve cette situation idéale dans le 'retour aux lois de la nature et dans la connaissance des vrais fondements de sociabilité qui sont: 1° L'Unité indivisible des fonds de patrimoine et usage commun de ses productions. 2• Abondance et variété de ces productions plus étendues que nos besoins, mais que nous ne pouvons recueillir sans travail. - D'après ces principes, la meilleure manière de fonder l'intérêt individuel serait de : a) Maintenir l'unité indivisible du tet·rain_et de la demeure corn• mune. b) Établir l'usage commun des instruments de travail et des produits.
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