La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

t:GO LA REVUE SOCIALISTE il n'en était pas ainsi; on devait non seulement élaborer fles plans d'organisation communautaire, mais aussi tenter de les réaliser. Et de fait, avant de dogmatiser, le moine réYolutionnaire ayait tenté de les réaliser. Servi par une âme haute, une volonté de fer et une grande habileté dans le maniement des hommes, ce révoltJ étonnant ourdit, vers 1600, une formidable conjuration révolutionnaire ayant à sa tête, dit Pietrn Giannone, 300 moines napolit.ains gagnés au communisme et des ramifications dans un grand nombre de villes Yoisines : Stilo, Pizzolli, Cantazaro, Nicastro, Gérace, Mélito, Oppido. Le but était de renverser la domination espagnole et d'établir une république communautaire. Averti par un traître, le vice-roi espagnol, comte de Lemos, arrêta les conjurés, qui furent condamnés sans pitié et il fit subir au réformateur les plus cruelles tortures; la dernière dura quarante heures, sans qu'on pût arracher une parole à l'héroïque moine. • Enfin, après avoir, pendant vingt-sept ans, habité cinquante-deux prisons et avoir été enfermé plusieurs fois dans des culs de basse fosse, Campanella fut relâché à la prière <lupape Urbain VIII ll) et il vint a Paris où, bien accueilli par le Mécène français, Peyrex, il finit paisiblement ses jours. Indompté après tant d'épreuYes, le disciple du philosophe novateur Télésius employa ses dernières années à écril'e une sort.e d'encyclopédie philosophique où Pierre Leroux a vu l'édifice d'une philosophie complète. La Cité du soleil (Civitas solis) est un des chapitres de ce grand ouvrage. Comment l'héroïque conspirateur napolitain entendait-il le communisme? La grande Cité rlu soleil est régie communautairement. Elle a pour chef suprême un prêtre, que, dans leur langue, ils nomment Sol (Soleil) et que dans la nôtre nous appellerions le grand Métaphysïcz'en. Il jouit d'un pouvoir absolu; il est assisté de trois chefs Pon, Sin et Mor (Puissance, Sagesse, Amour). Puissance e.:;tchargée de ce qui concerne la paix et la guerre; Sagesse a la direction des arts libéraux et mécaniques, de l'instruction et des sciences; Amour a pour principale fonction de veiller à ce qui regarde la génération et de régler les unions sexuelles, de telle sorte qu'il en résulte la plus belle race possible. Mais rien ne se fait que sous la présidence du grana Méta1,hysicien. Les magistrats répat>tissent les biens cousommablef:>ayec égalité, les repas sont d'ailleurs pris en commun. (1l Urbain Vlll en fut remercié publiquement, au nom de la science, par Guillaume Bl•llô au Collège do France.

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