La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LA PROTESTATlON COMMUNISTE 061 Le travail est distribué aux deux sexes selon les aptitudes et les forces de chacun. L'instruction et le travail sont rendus le plus attrayants possible. Les unions ne sont pas libres; les magistrats choisissent les conjoints; on accouplera, par exemple, un hrun avec une blonde, un maigre avec une grasse; on assort.ira les beautés et on fixera la date et la fréquence des cohabitations. Si deux jeunes gens s'aiment, ils ne seront libres de cohabiter (à moins que les magistrats ne les aient unis) que dans le cas où la femme serait enceinte ou reconnue stérile. Dans la Cité du soleil, autant de magistratures que de vertus. Ainsi, les magistrats s'appellent Magnanimité, Courage, Çhasteté, Libéralits, Justice, Equité, Adresse, Vérité, Bienfaisance, Recruinaissance, Gaùte, Activité, Modération, etc. Le mensonge est particulièrement puni : les coupables sont privés temporairement des repas en commun. du commerce de l'ouvrier, de leurs dignités, etc. La femme qui se farderait serait punie de mort. Les peines corporelles sont d'usage dans certains cas, quand il y a crime, la loi du talion ex.liste: œil pour œil, dent pour dent; la direction des consciences appartient aux magistrats, qui sont tous prêtres. Toutes les études pratiques et spéculatives sont communes aux deux sexes. On s'efforcera de rendre l'étude divertissante, et pour cela on enseignera par les yeux plus que par les oreilles ; on développera le corps en même temps que l'esprit, et cela par les exercices de gymnastique communs aux deux sexes et qui se font dans un état de nudité complète et par l'apprentissage graduel de plusieurs professions. Le travail est si bien distribué a tout le monde, que quatre heures par jour suffisent pour entretenir· l'abondance dans la communauté. Le reste du temps se passe dans d'agréables exercices intellectuels, études et jeux de toute sorte. L'âge des unions est fixé à vingt et un ans pour les hommes et dix-neuf pour les femmes; les vêtements des deux sexes sont analogues; seulement, la tunique des femmes est un peu plus longue. Chaque Solarien habite le logement et a le lit qui lui est attribué par les magistrats. C'est un peu strict. Les repas communs, toujours hygiéniques et excellents, ont lieu au son de la musique; les adolescents servent a table. Les femmes vont à la guerre aussi bien que les hommes. La propreté et l'usage des parfums sont ordonnés. L'excellent Villegardelle (l) avance que la Cité du Soleil« moins connue que l'utopie, lui est pourtant_supérieure . ., Tel n'est pas notre avis. Campanella (sa qualité de moine est son excuse) est tout à fait rétrograde sur la question familiale, puis'lu'il revient purement {t) Histoire des idées sociales auant la Révolution.

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