LA PROTESTATION com,IUNISTE 659 seul qui fait les mariages; l'adultère et les relations irrégulières sont proscl'ites. Les jeune gens se Yoient nus avant de se choisir. Les mères nourrissent leut·s enfants, elles se réunissent dans des salles disposées et meublée pour que les nou1·rices, les nouveaunés et les enfants rle moins de cinq ans y trouvent tout ce que réclament la propreté et l'hygiène. Naturellement, l'instruction et l'éducation sont communes. Les animaux sont tués, lavés et préparés par les serviteurs (qui sont les condamnés), afin que les Utopiens ne se fassent pas un spectacle du sang, chose qui pousse a la dureté et à la cruauté . .. L' Utopie est un de ces rèYes dos hommes de bien dont toutes les idées ne sont point impraticables, clit Condorcet (1). :I> Il y a mieux à dire: l'utopie est la vision sociale d'un homme de génie; elle éclaire singulièrement l'avenir de l'humanité. Vous voyez là, en germe, le t1·avail attrayant, une organisation scientiÎlque de la pt·oduction, un admirable système d'éducation et le 1•egpect de la liberté individuelle, limitée seulement par les devoirs sociaux équitablement répattis, incombant à chacun. Oe sont là plus que les t·êves d'un homme rle bien. A-t-on besoin <l'ajouter c1uede·s préoccupations si nouvelles durent paraître bien frréalisables aux contemporains do l' Utopie'( C'est pour cela sans doute que le mot utopùte reçut. la signification qu'il a encore et qui ne clo1tpas être appliqué à Mo1·e, resté l'un des plus féconds novateurs clol'ère mocleme._ Cependant l' Utopie, écrite en latin, n'était pas, semble-t-il, destinée au grand public. La première traduction fut faite en italien par le Florentin Francesco Doni, bien digne d'un tel honneur, puisque lui-même avait déjà publié les étincelants dialogues connus sous le nom de I mondi, r.e!esti,terrestris ecl inrernali, dans lesquels se trouve la description du monde des Sages. Les Sages habitent à Cittanuova et se sont soumis à des institutions égalit.aires; ils ont maintenu la famille, mais aboli la propriété illllividuelle; ils sont tous égaux et, en retour d'un traYail réparti entre tous, ils vivent dans l'égalité, l'abondance, la paix et le bonheur. Pen après I mondi, parut aussi à Florence la Republica delle api. Par la description de la république des abeilles, l'auteur, Giovanni Bonifacio, voulut protn-er que le communisme est le régime le plus parfait et que les hommes devraient,, en fait clesociété, imiter les abeilles. Pour Doni et Bonifacio, le comrnuni~mon'était évidemment qu'un bel idéal dont il no fallait même pas tenter la réalisation; pour Campanella qui, près d'un siècl~ plus tard, écrivit la Cité du soleû, (1) Condorcet : Bibliothèque d'un homme public,
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