La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LÀ PROTESTATION COMMUNISTE 655 Le bel élan communiste de l'Église de Jérusalem et des Pères de l'Église ne pou--vaitaprès cela que dévier en moinerie, ce qui eut lieu. La protestation communiste se réfugia chez les hérétiques (Gnostiques, Cnrpocratiens, Manichéens, Epiphaniens, Valentiniens, etc.) que le catholicisme (comme il faisait. en même temps pour les Ariens philosophistes) poursuivit avec acharnement par le fer et par le feu, jusqu'à destruction complète. Ce premier communisme hérésiaque bientôt détruit par l'orthodoxie catholique, eut quelques avatars chez les Patharins du Midi de la France, les Vaudois du Lyonnais et des deux versants des Alpes, les Libres-E'sprits de Belgique, les Ségaréliens d'Italie, les Mazdakiens et les Hephtalites c1ePerse, les Nestorielfls d'Arménie. chez certains partisans de Wicleff en Angletei-re, de Jean Russ, de Jean Ziska, de Thomas Munzer, de Jean de Leyde, en Bohême, en Allemagne, en Hollande. Mais toutes ces sectes qui furent quelquefois très militantes et dont quelques-unes allèrent três loin dans la réhabilitation de la chair, furent, exception faite des Frèr~s Moraves, très pauvres d'idées sociales, n'apportèrent rien ni en théorie ni en pratique au communisme auquel l'inspiration chrétienne, même hétérodoxe, n'avait décidément pas porté bonheur. Mais voilà que pour la protestation communist.e, la vie s'annonce ailleurs. Par Thomas More et ses successeurs, elle reprend force et renouant la chaîne des temps, après avoïr, elle aussi, inauguré sa Renaissance, elle entre définitivement clansle grand courant philosophique, politique et économique moderne. III. - LE COMMUNISME DANS LES DERNIERS SIÈCLES. Au moment où, d'un horizon chargé de tempêtes, émergea blafarde et voilée raube de ce seizième siècle [qu'allait désoler et déshonorer les fureurs religieuses, l'ère moderne était ouverte. L'anarchisme féodal, définitivement vaincu par les royautés et par les communes bourgeoises, avait fait place,- par usurpation au détriment des communes - (1) aux monarchies nationales d'où allait sortir une nouvelle évolution politique. « de la vie présente, puisque d'autres sont immuablement prédestinés à jouir « de la vie future~ Un petit nombre d'élus dans le ciel, un petit nombre d'élus « sur la tel're. Ne doutez plus que ces idées ue se soient liées souvent dans les « esprits, et que ce ne soit une des raisons pour lesquelles le principe de l'iné- « galité sociale a si longtemps persisté sans contradiction au milieu même des c révolutions religieuses . .,, (Edgard Quinet : Le' Christianisme et la Révolu- « tion française . ) . (1) Néanmoins, les communes qui vel'aient de jeter un si vif éclat dans les Flandres, en Italie, eu France et en Espagne, restèrent maîtresses et souve-

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