652 LA REVUE SOCIALISTE qu'en ne partageant pas avec les autres ce qu'ils ont reçu ils devi·ennent homicides. >> L'illustre pape ne faisait que suiY1'eles ti-aclitions; avant lui saint Basile-le-Grand avait dit ùans le même esprit : (( N'ÈTES-VOUS PAS UN VOLEUR, vous qui rendez propre à vous « seul ce que vous avez reçu pom· le rèpandre et le distribuer? Si << l'on appelle rnleur celui qui dérobe un habillement, rloit-on don- » ner un autre nom à celui qui, pouvant sans se nuire habiller « un homme qui est tout nu, le laisse pourtant tout nu? » « Vous me <lirez : A qui ai-je fait tort si je retiens et conserve ce (< qui est à moi? Et moi je vous demande quelles sont les choses quo « -vousdites être à vous... Vous faites comme un homme qui, ètant « dans l'amphithéàtre, et s'étant hâté de prendre les places que les « autres pouvaient pt·endre, les YOudrait tous empêcher d'enti-e1·, « appliquant à son seul usage ce qui est là pour l'usage de tous. (( C'est ainsi que font les riches; et :,'étant mis les premiers en passes- '' sion des choses commune.~, s'en étant emparés, ils le:-;ti·ansforrnent « en propriétès pa1·ticulières. >> Quant aux conclusions, elles sont clélibét·ément communistes : « Il eût èté meillem· et plus juste », lit-on dans une homélie de :-saintGrégoiee de'Nysse, « il eût été meilleur et plus juste, puisque « nous sommes tous frères et unis pai· les liens du sang- et de la « nature, que nous partageas~ions tous égalem(".nt cette hérédité; « mais, puisque cela n'a point été fait, et qu'un ·plus ou moins grand « nombre se sont emparés de la plus g1·ande partie de cet.te succes- « si·on, il est raisonnable qu'il en reste au moins une part aux Q. autres, et qu'elle leur soit distribuée. Que si un seul veut se « 1'endre maître de tout le bien, le posséder tout entie,·, exclure ses « 11·è1·edse la troisième ou de la cinquième partie, celui-là n'est ,, pas un frère, mais un tymn inhumain, un ba1·bare cruel ou plutôt c< une bête farouche, dont la gueule est toujours ouverte pom· cc dévorer, elle seule, toute la nouniture des autres. » Saint Clément va plus loin, il fait du communisme un article de foi : (< La vie commune est obtigatoire pour tous les hommes. C'est l'iniquitè qui a fait dire à l'un: Ceci est à moi; à l'autre: Cela m'appa1·tient. De là est venue la clisco1·de ntre les hommes. » Pour ne pas tomber dans des 1·épétitions, nous finirons par cette citation de saint Ambroise : « Dieu a créé toutes choses afin que la « jouissance en fût commune à tous et que la terre devînt la posses- « sion commune de tous. La nature a donc engendré le droit de « communauté, et c'est l'usurpation qui aproduit le droil de propriété. « La tei·re ayant été donnée en commun à tous les hommes, per- « sonne ne peuf se dire propriètaire de ce qui dépasse ses besoins
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