644 LA REVUE SOCIALISTE put écrire : « Le moyen rl'arriver à la tyrannie, c'est de gagn er la confiance de la foule : or, on gagne sa confia nce en se rléclarant l'ennemi des riches. Ainsi firent Pisistrate à Athènes, Théagène à Mégare, Denys à Syracuse » (1). Toutefois la pt'otestation communiste ne resta p as toujours enYeloppée de mystères dans les sanctuaires initiat.iq ues et dans les instituts philosophiques; elle trouva dans un philo sophe illustre d'un génie littéraire si grand, que son éloquence fut q ualifiée de diYine(2), un interprète glorieux. A l'encontre de ses contemporains, Platon cru t que le régime communautaire ne deYait pas être réservé aux supérieurs et pouvait être progt·essiyement appliqué clans la Cité même, et, d'une cité ainsi régie, il traça, dans sa République, une description sotl\'cnt fau-tiYepar l'idée, mais que la magie du style a immortalisée. Dans la Ripublique, la Cité est diYisée en quatre classes : l• Les (1) Aristote : Politique, Ch. V. (2) « Platon, dont le vrai nom est Aristoklès, desc end d'une très illustre famille athénienne. JI se rattachait pàr son père. le philosophe Aris to n, à la descendance de Codrus, et par ~a mèt·e, P él'iktio ne, à la descendance <leSolon. 11 niiquit l'an 428 ou 429 avant l'ère vulgaire , l'année même de la mort de Périclès et deux ans a1)J'ès le commencement d e la guerre dite du Péloponèse, entre Athènes représentant la démocratie, et S parte reprêsent:.\nt l',uistocratie. Sa jeunesse Ile passa au milieu des horreurs de cette guerre civilo qui dura un quart de siècle et se termina, 1 omme on sait, par la défaite de la démocratie athénienne, le règne exécrable des Trente Tyrans et la nomination de l'odieus'l Sparte préface de l'asservissement de la Gi'èce. « L'éducation de Platon, dit Kirchmann, dans sa Plata·.~ Leben, fut très soigoée et confiée par son père aux mei lieurs maîtres. li excella de bonne heure dans la poésie, la gymnastique et la musique. li avait 30 ans qu·md il fut présenté à Sacra.ta qui, la nuit précédente, nous dit enco l'e Kirchmann, avait rêvé qu'apt ès s'était posé sui· ses genoux un cygne, dont les ailes avaient poussé subitement, s'était envolé d'un trait ju squ'au ciel,en poussant un harmonieux chant d'amour. «Après la mort de Socrate, Platon ~e retira à Mégare, chez un admirateur de Socrate, mais il n'y resta pas longtemps. 11p arcourut la Cyrénaïque, l'.-\sieMineure, l'Egypte. A Cyrène, il étudia les ma thématiques sous Théodol'os; en Egypte, il se fit initier par les prêtres égy ptiens. Il revint à Athèoes pour partir de nouveau, cett'3 fois, pou1· la Grande-Grèce (où il s'initia à la doctrine pythagoricienne, sous Architas de Tareote) et en Sicile (OÙ il convertit Dion, le beau-frère de Deuys 1'Ancien et le futu r chef réformateur de la cité de Syrncuse).. Pour avoir voulu tenter de réconcilier les deux beauxfrères, Platon fut enlevé par les agents de Denys et vendu comme esclave. An1kéris le racheta et comme, dans ce même but, des citoyens d'Athènes avaient fait une souscription, le produit e n fut employé à l'achat de ces jardins d'Akademos, que Platon allait rendre .si célèbres, puisque c'est d'eux qu'est venu le mut Académie. Alors commença cet enseignement philosophiqu e var la parole et par la plume qui valut à Platon le titre de divin et une gloire lJUe vingt-trois siècles n'ont pas obscurcie. Pl aton mourut chargé de gloire, à quati·e-vingts et un ans. (B. Malon : Histoire du Socialisme, tome 1•r.)
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