642 LA .'\EVUE SOCIALISTE « tantôt sous forme de protestation contre le mal existant, tantôt « sou celle de plans utopiques de reconstruction sociale, se firent « jour dès que l'homme eut assez de culture pom· ressentir les ini- « quiLéssociales. » La très incomplète esquisse qui va suivre aura poue but de suivee dans son èYolution la p1·otestation communiste dans le pas:é, de montrer qu'elle 1·emonte aux premiers jours de la civilisation et qu'ayec des caractères diYers, elle s'est affirmée théoriquement on pratiquement à tous les moments décü-ifs de l'histoire. I. LA PROTESTATION COMJ\1UNI:3TE DANS L'ANTIQUITÉ. Il était de croyance générale dans l'antiquité greco-romaine et même, - avec des variantes de forme -chez tous les peuples, qu'une longue périocled'égalité complète, de libel'téjoyeuse, dejustice idéale, de communisme unÏYe!'sel êl,Yaitfleul'i et do1·éle berceau <les peuples, alors innocents et heureux, alo1·s ignorant les fléaux <le la guerre, de la serYitude,cle la mi:èee et des iniquités de tout genre que, Yéritable boîte de Pandore, l'individualisme subséqucmt déchaîna sur la pauvre espèce humaine. Cette croyance tt-op unive1·selle pom· ne pas avoit' un fondement histo1·ique (1), donne comme un brevet de noblesse au communisme (t) Les récents travaux des ethnologues, des anthropologistes et des historiens ne permettent plus de mettre en doute l'existence d'une période confuse de communisme p1·omiiiqueayant précôdé l'individualisme familial et propriétaire. Les sanglantes explosions et les excès de l'individualisme naissant, - qui allait être l'obscut· point de départ d'un état supérieur, mais qui ne fit d'abord qu'apporter phis de douleurs, en intensifiant la lutte, - put donne,· du passé le vague regret qui,s'idfalisa.nt plus tard, grâce aux poètes,devint la belle Légende de l'Age d'o1·. Il y a aussi à tenir compte du fait affirmé ou relaté par les prôtl'es de Saïs, pal' Homère, Hésiode ,Eu,·ipide, Platon, Pline l'Ancien, Diodore Sicile, Strabon, Elien, Tertullien, d'un graud continent abritant un peuµle de civilisation avancée et qui aurait disparu dans un effroyable cataclysme géologique. Dive,·s auteurs modernes et notamment,Orviedo, Rudbck, Latreille, de Boër, Bailly, Mac Culloch, Fabre d'Olivet, Bory de Saint-Vincent, Tournefort, Rien:t.i, Mme Cll,mence Boye1· ont conclu à la réalité d'une Atlantide ensevelie dans les flots et ils la placent le plus généralement entre l'Europe et l'Amérique. Le nom d'Océan Atlantique n'aurait pas une autre origine. Ajoutons que, si nous en croyons los Théosophes, ou néo-bouddhistes, bien autrement affirmatifs, l'Atlantide aut·ait été engloutie il y a seulement 11 5(10 ans; mais cet affaiss1::mentaurait été précédé, bien des milliers d'ann~es avant, de l'affaissement d'un continent plus vaste encore appelé Lémuria, dont l'Atlantide n'était qu'un prolongement. A. la science, par des fouilles sousmarines, de nous donne1·le dernier mot là-dessus. Quoi qu'il en soit, ce sont évidemment ces traditions confuses el complexes qui ont donné naissance à la Légende de l'Age d'or, et nous devions les rappeler.
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