LE MOUVEMENT SOCIAL EN FR.ANCE ET A L'ÉTRANGER 633 protectrice des patrons boulangers de Londres », présidait la séance. On vota d'abord une résolution exprimant la sympathie des patrons pour les ouvriers ; mais le moindre grain de mil ferait bien mieux l'affaire de ces derniers; une deuxième résolution fut passée refusant d'accepter la semaine de 60 heures proposèe par les ouvriers et offrant une semaine de soixante-douze heures.Plusieurs patrons parlèrent en faveur de la demande faite par les ouvriers. Enfin une députation despatrons fut ensuite nommée pour conférer avec le comité exécutif del'<<Union des ouvriers boulangers )).Cette union qui, il y a sept semaines, ne comptait que 1000membres, en compte aujourd'hui plus de 3000. Cette conférence eut lieu le jeudi 31 octobre et fut ajournée, les délégués des patrons et des ouvriers n'ayant pu s'entendre. La grève des tailleurs de l'East-End s'est terminée, grâce surtout à la vigoureuse intervention du député du district, M. Samuel Montagu. Les patrons ont fait droit aux réclamations des ouvriers, et de leur côté ces derniers s'engagent à ne pas rouvrir la question des salaires d'ici un an et à donner une notice de 15 jours quand ils auront l'intention de se mettre en grève. Plusieurs grèves partielles ont eu lieu chez les mineurs du Lancashire demandant une avance de 5 et 10 OrO dans les salaires. Presque toutes les demandes ont été accordées. LES DOLÉANCES DES EMPLOYÉS DES TRAMWAYS ET DES OMNIBUS. - Un meeting extraordinaire, convoqué par l' « Union des employés de tramways et omnibus ùe Londres et de Comités » a eu lieu dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 oètobre, à Mémorial Hall (Iarringdon Street). C'est parce que les conducteurs et les cochers ne quittent leur travail qu'a une heure du matin que le meeting avait lieu à cette heure indue. La séance fut présidée par Lord Rosebery, le président du Conseil municipal de Londres (London County Council), et son objet était de développer une trade-union dans le but de diminuer le nombre d'heures de travail et d'améliorer généralement la condition des employés des tramways et des omnibus; jusqu'ici les employés ne se sont adressés aux compagnies que par voie de pétitionnement et n'ont reçu pour toute réponse que l'indifférence ou de!,réprimandes intimidatrices. Les employés travaillent actuellement de 14 à 18 heures par jour, sans repos pour leur dîner et leur thé, qu'ils sont obligés de prendre sur les marches de leurs voitures. Lord Rosebery a déclaré qu'un tel état de choses était scandaleux et qu'on n'aurait jamais pu croire qu'une telle oppression existerait encore dans la dernière partie du x1~ siècle. <c Sous la direction de John Burns, mon honoré collègue au conseil municipal, a ajouté Lord Rosebery, on a vu un mouvement qui a
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==