632 LA REVUE SOCIALISTE tation de 7 1/2 centimes par heure dans la plupart des ateliers, et une paye de 55 à 65 centimes par heure dans certains départementc:;; 2° un supplément de 25 0/0 par heure après 5 heures du soir; 3° le retrait des réglements les plus insupportables, tel que celui par lequel un ouvrier qui a oublié de jeter son jeton clans la boîte peut se voir renvoyer dans le milieu de la journée en perdant sa paye pour cette demi-journée de travail. . Telle est la base de la grève qui dure depuis cinq semaines et dans le cours de laquelle les ouvriers ont été traités avec l'arrogance la plus provocante par les représentants de la compagnie. 'fout d'abord, au commencement de la grève, les ouvriers les moins mal payés demandèrent 55 centimes de l'heure et la compagnie les accorda; mais lorsque les manœuvrcs présentèrent une semblable demande d'avancement de salaire, non seulement la compagnie refusa, mais retira'l'avance faite aux premiers ouvriers et fit subséquemment afficher une notice dans les ateliers faisant savoir à tous les mécontents qu'ils n'avaient qu'à s'en aller pour revenir quand ils auraient recouvré leur bon sens. Tels sont les faits; ils présentent une certaine ressemblance avec ceux de la grève des dockers. En ce qui regarde les salaires, le cas de Silvertown est même pire. De plus c'est toujours le même combat entre le travail du manouvrier et un salaire d'inanition; le même courageux effort de coalition de la part d'une bande de travailleurs à peine ou point organisés en commençant; la même coopération généreuse entre travailleurs de différents grades et différents métiers dont beaucoup se mettent en grève par principe pour soutenir leurs camarades. Mais il y a un ou deux traits de cette grève qui devraient assurer aux grévistes de Silvertown une plus grande sympathie qu'envers les dockers eux-mêmes. C'est ,que parmi les grévistes il y a 300 femmes et 300 garçons, et que tandis que les ouvriers de 8ilvertown sont si misérablement payés, la compagnie n'a pas même l'excuse qu'avait_celle des.docks, car elle extrait de lem· dur travail un dividende de 13 0/0 à 17 0/0. Voilà environ cinq semaines que cette grève dure, nécessitant une dépense journalière de 500 livres sterling (12.500 fr.) pour soutenir les grévistes qui sont au nombre de 1800. LES PLAINTES DES O'GVRIERS BOULANG.IŒS. - Nous avons fait connaître dans le dernier numéro les demandes des ouvriers boulangers el leur menace de se mettre en grève le 9 novembre si les patrons ne font pas droit à leurs rédamations. Cette menace a mis la puce à l'oreille des patrons qui se sont· réunis le 30 octobre à Cannon Street Hotel pour considérer les réclamations de 'leurs ouvriers. M. Prain, président de la « Société
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