LE MOUVEMENTSOCIAL EN FRANCEET A L'ÉTRANGER 631 un(- Union, mais tous les mags.sins et tous les patl'Ons nous fermaient leurs portes!... Plusieul's grands man.ifacturiers très estimables cherchèrent à réduire les salaire3 d'un certain nombre d'ouvrièl'es, mais notl'e Union avait por~é ses fruits. - Les ouvrièl'es se déclarèrent toutes solidail'es les unes des antres et vinl'ent se joiudl'e à l'Union; une seule resta à travailler chez son patron, lequel nous menaça de mettre la police contre nous, mais la poliça ne nous effrayait pas! ... Nous fo1witmes une députation de viugt ouvrières qui étaient là, debout, faisirnt la gar<le, malgré la ce1ge et le vent, disant à tous ceux qui approchaient de la manufacturn, qu'elle était en grève et les empêchant d'entrer. - Pendant ce temps-là, moi je les encourageais, tandis que la police et les patrons et les ingénieurs voulaient intervenir pom· forcer à reprendre le travail, je disais à toutes celles qui arrivaient : L'Union vous soutiendra et vous donnern plus que les patl'Ons ne vous donneront, et si vous cédez, nous al1011stoutes mourir de faim! ... et à celles qui vleuraient, nous di~ions que les fonds de l' Uniun les feraient vivre jusqu'à la reprise du travail. - Eh bien! avec de la persévérance nous avons conquis pl'esque tous les magasins à l'Union et les patl'ons viennent maintenant nous demander des ouvrières, et presque toutes celles de l'Union ont trouvé de l'ouvrage dans de bonnes conditions. » UNE VICTOIRESOCIALISTE.- A Bosking·, près de Londres, a eu lieu une élection au Conseil des Ecoles. Le citoyen Vatkineon, candidat socialiste et membre de la Fédération sociale et démocratique, a été élu en tête de la liste des sept candidats. * * * De notre correspondant J. Magny: LA Gf\ÈVE DE SILVERTOWN.- Après la grève des dockers de Londres, celle des caoutchoutiers employés dans les ateliers de Silvertown réclame surtout la bienveillante attention du public. Les dockers, comme on sait, se mirent principalement en grève pour élever de 50 à GO centimes le prix de]l'heure de traYail. Les ouvriers qui commencèrent à se mettre en grève à Silvertown gagnaient de 35 à 45 cent.imes par heure (un petit nombre 47 1/2 cent.). Les heures de trayail étaient outrageusement longues, et., plusieurs fois des ouvriers durent travailler 24 heures cl'affilée. De plus, les ouvriers étaient sujets à un système illégal et tyrannique d'amendes qui les privait d'une foPte pal'tie de leur maigre salaire. Finalement, et comme couronnement de ce système d'esclavage organisé, la compagnie faisait un bénéfice d'environ 100.000 livres sterling (4 millions de francs) par an et parmi les actionnaires de ce gros di.vidende se trouvent des politiciens disparates comme le très noble marquis de Salisbury et le radical philosophe M·.Haldane, dos dames de la Prim1·ose League comme Lady Ilobhouse, et des sauveurs d'âmes sous forme de rèvérends clergymen. Les principales demandes des grévistes sont: 1° une augmen-
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