La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

630 LA REVUE SOCIALISTE généraux des ouvriers que pour la défense des intérêts particuliers des syndicats et accoPdait la pm•sonnalité civile aux syndicats isolés comme aux fédérations de syndicats. Une simple déclaration à la mairie suffirait pour cela: plus d'obligation de déposer les statuts et de faire connaître les noms tles administrateurs, et le p1·ojetirappait d'amende et d'emprisonnement toute entra-ve à la liberté des syndicats. ANGLETERRE LE CONGnÈSDE DUNDEE.- Au Congrès des Trades-Unions qui s'est tenu à Dundee, clans le nord de l'Ecosse, les divergences de vues qui existr-nt entre les sociétcs ouvrières socialistes et les anciens chefs tra<les-unionistes, qui prétendent maintenir le rnouYement ouvrier dans sa direction réteograde, se sont fait jour. On a reproché au comité parlementaire d'avoir montré une sorte <.l'hostilitécontre le congrès ouv1·ier socialiste de Paris. Le député ouuier Broaclhurst, ex-sous-secrétaire d'État dans le ministère Gladstone de 1886, secrétaire général du comité parlementaire des Trades-Unions, a été accusé: 1° cl'a·rnir soutenu et déclaré vouloir soutenir aùx élections des carnliclatures libérales de patrons exploiteurs (sweaters); 2° d'ayoir possédé des actions d'une société qui exploite le travail de ses emplo~réspour un salaire misérable. Le . ecrétaire Broadhurst a réussi à empo1·ter un vote de confiance, mais il a heureusement profité de l'absence de John Burns, Mann, Mme Besant et autres socialistes londoniens retenus loin du congrès par les grèves. - Cependant l'influence de Broadhurst est dès à présent bien compromise, car la masse des Tracles-Unions accentue chaque jour sa marche vers le Socialisme. L'UNIONDES CIGARIÈRESDE LIVERPOOL.- On sait combien sont infimes les salaires des femmes, en général, et particulièrement en Angleterre; aussi n'est-ce pas sans intérêt qu'on lira un rapport que nous empruntons au dernier numéro de la Revue inspirée par M. ùe Mun : « L'association catholique .,,,, Ce rapport a été fait au meeting de l'Union des cigariêres <leLiyerpool; par une pauvre u1vrière dont the Nineteenth-Century relate les paroles : « A Nottingham et à Leicester il y a eu beaucoup de chômage depuis q11elque temps, et enfin de grands placards fu1·ent affichés dans les usines et manufactures annonçant la réduction des salaires. Hélas l la stupeur fut à son comble lorsqu'on apprit que la réduction serait de 5 à 6 shillings par semaiuil. Il y eut des meetings parmi les ouvrières; nous sommes allées porter nos doléances aux patrons, mais en vain; ils déclarèrent que la baisse dans leurs commandes rendait impossible de maintenir les anciens salaires. - Alors il fallut se mettre en grève ... Nous noua sommes toutes retir~es pour former entre nous

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