La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE TRANS-FORMISME ET L1ÉVOLUTION SOCIALE 59 humilier son orgueil impérial, jusqu'à venir baiser le pied d'Alexandre III. Toujours, dans ses luttes avec les pouvoirs ciYils,•c'est le cle1'gé qui l'emporte. Il faut cles circonstances tout a (ait exceptionnelles, pour qu'il en soit ~utrernent. La grande habileté pour un initiateur ou pour un monarque, c'est de réunir et de tenir en main la puissance spirituelle, en même temps qtie la puissance temporelle. Mahomet se présente comrne le ca111ai 0 acle de l'ange Gabl'iel. Le Yoilà prophète et il entrnfoe les masses a sa suite. Plus tanl ses successeurs s'intituleront, non pas princes, rois, oü empereurs, mais « Yicaires du prol.Jhète » et t< Commandeurs des c1°oyants >). La seule urme qui puisse atteindre et blesser la race cléricale, c'est l'at•me tlbnt elle se !seet,elle-même, la culture de la bêtise et tle la ctédulité humaine. Un schisme qui oppose un Dieu concurrent, tout jeune, à mi Dieu déjà défraîchi yaut mieux qu'une armée. Sans la scission entre l'église Grecque et l'église Romaine, les Czars n'auraient jamais pu se clil'e les chefs Llel'orthocloxie RusM. Luther qui n'était qu'ttn simple moine, ettt la voigne plus fo1·te que n'impoPte quel empereur d'Occident, pour rlisldquer la chair·e tle St-Piert'e. Si la réforme avait ayorté, il est p1·obable qu'Henri VIII y a.lirait 1'egardé a deux fois, avant ile se faire offrir par ses nllets rlu Pal'!ement, le titre de chef spll'ituel de l'Église; et l'Angleterre ne pot11'- 1'ait pas aujourd'hui, se liner à ce commerce (leBibles, si lucratif, si Yet'tueux et qui s'allie si bien, ayec la vente cleF;cotonnades rie Birn1i11ghamet des petits couteaux de .Manchester. Le despotisme théoc1'atique, a totttes les époques, eut ceia de pai'- ticuliElt' qu'il fut pal'tout le même : cruel 1 intolérant, fanati<}lte, implacable et surtout aYide de ùénomination. OhatJ.uefois qn'un initiateur, un de ces illunrim\s qui l)ttraisseht a chaque siècle, pour prernlre en main la cause clel'humanité, vient éle• vElrla voix et prêcher la fraternité Llespeuples sur cette te1·re1 sans se préoccuper de ce qui se passe dans le ciel; qtie cet illuminé s'appelle Jésus, Jean Huss, Arnault r.leBrescia, peu importe, le prêtre se sent atteint et n'a plus qu'une pensée, étouffer la clameur importune qui fait entendre des paroles d'émancipation, a l'ElnconLreLlesllogmes établis. La véritable incarnation de l'esprit clérical, c'est, sous deux aspects différents, d'un côté Ignace rle Loyola et St Dominique et de l'autre ce conclave de cardinaux, qui ont rédigé le « Syllabt1s >) et Yoté en plein dix-neuvième siècle « !'Immaculée Conception et l'Infaillibilité du pape ». • Nous pourrions facilement mttlti plier les èitations hist.oriqu~s,mais les limites de cette étude nous resti•eignent à examiner sel1lement les faits, ayant une corrélation éridente avec notre sujet.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==