La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

508 LA REVUE SOCIALISTE Mais il y a aujourd'hui des intérêts tels que ceux des notaires, des avoués, des huissiers qui se trouveraient complètement bouleversés par cette liberté de groupement : comment y obvier? - D'abord, le groupement politique pourra être complètement indépendant des circonscriptions actuellement assignées aux notaires, aux avoués, aux huissiers, et ces circonscriptions pourront conserver leur essol't actuel. Ensuite des compensations pourront être établies plus tard et assurer le respect de ces intérêts clans les nouveaux groupements. - Mais les groupP-ments seront-ils absolument libres ou bien seront-ils subordonnés à certaines conditions? - Il y a fleux cornlitions qui me semblent devoir être imposées dans l'intérêt de l'ordre : D'abord en chaque groupe les populations devront n'occuper tjtl'tme seule masse territoriale et par suite un groupe de population ne pou1Tas'unir en groupe supérieur qu'avec des populations limitrophes. En second lieu, pour maintenir entre les provinces un certain équilibre et pour qu'aucune d'elles ne puisse prendre sur les autres une prépondérance dangereuse, il conviendra d'assigner aux provinces un maximum <le population qu'elles ne pourront pas dépasser. - Mais, en clehors rle ces groupements permanents pour l'ensemble de leurs services généraux communs, est-ce que certains groupes ne pourront pas forrne1· des unions particulières, temporaires ou durables pour la satisfaction de certains intérêts qui Jour seront communs? Par exemple, deux ou trois communes du même canton ou même de cantons différents, ne pourront-elles pas s'unir [pour établir et entretenir une école primaire supérieure, une route ou toute autre création utile? - Sans aucun doute, cette liberté favorable à la satisfaction de certains intérêts ne portera aucun préjudice ni à l'ordre ni aux intérêts généraux. Et de même que les communes, des cantons, des arrondissements, <lesdépartements, des provinces même pourl'ont s'associer pour dos œnvres d'intérêt commun. Ces unions pourront se faire librement au grand bien dos intéressés sans porter aucune atteinte aux autres inté1·êts. - Voyons maintenant la liberté d'organisation constitutionnelle.

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