LA fiÉVISION RATIONNELLE 597 § 2. - a). La liberté de groupement. Le groupement des populations peut se faire de deux façons principales : 1° il p~ut être imposé de force, 2° il peut être le résultat du libre jeu des volontés. Le premier mode correspond aux gouvernements de conquête, d'autorité, aux monarchies et aux républiques centralistes ou autoritaires, aux populations encore incapables de comprenclre d'autre moyen de gouvernement. Le second correspond aux gouvernement libres, aux républiques démocratiques ou à base de suffrage universel, aux populations relativement majeures, mûres pour les gouvernements de libre consentement après discussion et vote. Dans notre France, tous les groupes de commune, de canton, d'arrondissement et de département ont été taillés dans les anciennes provinces en 1780par la Constituante sans aucune consultation des populations. D'un autre côté, les circonstances qui ont pu déterminer alors la formation des groupes ont, clans l'intervalle, entièrement chang6. Les motifs principaux des groupements sont, sans cloute avant tout, la contiguïté et la proximité, mais la construction de chemins vicinaux, de routes, de chemins de fei\ la création de marchés, la localisation et le déYeloppementde certaines industries,cesdiverses circonstances ont complètement changé les relations des populations et peuvent les changer encore. Enfin, personne mieux que les populations elles-mêmes ne peut mieux juger la convenance deJleur groupement ayec tel ou tel autre groupe. Dès lors, il convient de laisser aux hameaux la liberté de se rattacher à celles des communes limitrophes ou contiguës dont ils désirent faire partie, aux communes la liberté de s'unir à leur gré à celui des cantons dont elles sont limitrophes, de laisser aux cantons la même liberté pour s'unir en arrondissement, aux arrondissements pour s'unir en département et enfin aux départements pour se grouper en province. " - J'admets que le groupement libre, lorsqu'il peut se pratiquer, est infiniment plus fécond et. réellement plus solide que le groupement forcé, que la proximité, la facilité d€!srelations, la solidarité des intérêts, la similitude des sentiments et des idées feraient disparaître les luttes, les froissements et les pertes de temps et de forces, et rendraient faciles aux groupes librement formés une foule d'institutions difficiles à réaliser dans les groupements imposés.
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