56 LA REVUE SOCIALISTE tion paraîtra bien réelle si on songe que la marche humanitaire est forcément, fatalement même, subordonnée a l'essor de l'esprit humain, dont la ,Taie fonction sociale est d'élargir constamment la spirale ascendante, que décrit l'orbite des nations. Nous n'a,ons qu'à jeter un coup d'œil sur la mappemonde, pour y trouyer une conflrmat.ion très nette cle cette théorie et, s'il nous plaît, en outre, <l'étuclier les expériences sociales <lu passé, nous a,ons des échantillons YiYants de tous les types, depuis l'anthropophagie jusqu'à la ciYilisation la plus raffinée. Nou • remarquerons alot'S, que les groupements de nations et les changements de pha es se sont. opè1·ésplus souvent par soubresauts con,ulsifs, que par érnlutions régulières et normales; et toujours nous veerons apparaître la puissance clirectrice des inùi,·idualit.és transcendantes, se manifestant par cles conceptions géniales ou déprayée. ; et toujours nous constaterons l'hégémonie irrésistible des groupes initiateurs, soit qu'ils procèdent par la persuasion, soit qu'ils procèclent par la fo1°ce. Maintenant, ou\Tons l'histoire, non pour la st.frile satisfaction de citer des faits historiques, que tout le monde peut connaître, mais pou1'justifier l'enchaînement. clcs idées que nous présentons et tirer toutes les déductions qui découlent clenotce sujet. L'embryon social c·est l'homme primitif. Quoique la première phase humanitaire soit entourée d'obscurités on admet cependant, ayec beaucoup de Yraisemblance, que l'homme, a peine dégagé de l'animalité, a dù en conse1·ver longtemJ)s encore quelques-uns des caractères. Ces caractères étaient : l'indépendance individuelle sans limites, la joui~sance commune <lesfruits clusol, la promiscuité plus ou moins complète, l'absence de toute loi; ca1·, on ne peut appeler loi, la direction momentanée des plus foets, dans les conjonctures périlleuses qui menaçaient l'ex.ist.ence du g1·oupe; ce n'était là qu'une suite de l'instinct de défens<?,commune à tous les animaux Yivant en trnnpes. Cet état anarchique dura tant que l'espèce humaine peu nombreuse, put trouyer facilement sa subsistance, ~ans trayail et sans fatigue. C'est le souyenir de cette époque heure:usc qui, en se perpétuant de générations en générations, senit de caneyas aux légendes <lel'âge d'or et du paradis terrestre. Fourier donne comme un spécimen très peu alté!'é de l'ùge d'or, la situation inté1·ieure de Taïti, lors cle sa clécouYede par BougainyiJle. A partir <lu moment où, l'espèce ayant abondamment pullulé, la fécondité cle la terre fut impuissante à fournil· spontanément des fruits pour tout le monde, la lutte pour la ,ie commença. L'égoisme qui, faute d'occasions de se déYelopper, était resté jusque là a
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==