ÉDUCATION 593 rait dispenser la lumière qu'à un élève. L'absurdité d'un pareil résultat démontre celle du principe. A l'enseignement moral qui s'est poursuiYi dans les deux périodes pl'éparatoires, viendl'a se joindre l'instruction proprement dite, inaugurée dans les écoles. Les prisons actuelles nommées ain ·i ne ressemblent guèl'e, est-il besoin de le dire, aux instituts que l'avenir éclifie1·a,et qui reposeront sur ces principes : étudier et favoriser les vocations; classer les élèYes et varier les méthodes selon leurs caractères et Jeurs facultés; considérer leul' temps comme un capital des plus précieux, de sorte qu'il ne reste jamais improductif, et, par suite, faire concom·ir les 1·écréations mêmes à l'acquisition <lesconnaissances. Beaucoup, sans daigner réfléchir, ceieront à l'utopie. On peut leur répondre par cette supposition : si le génie des découvertes entrait dans sa vraie Yoie; si toutes les capacités stérilisées aujourd'hui dans les superfétations sociales, ou qui s'appliquent à l'art de la destruction, faisaient de ces questions l'objet de leurs recherches, croit-on que les solutions se feraient attendre?Des théàtres spéciaux, par exemple, apprvpriés à l'enfance, ne pourraient-ils pas apporter une aide sérieuse à l'étude de l'histoire? celle-ci ne pour1·ait-elle être découpée en scènes où l'on ·e proposerait avant tout la concision et l'exactitude? la vie et l'animation d'un spectacle, des représentations ou des rôles à jouer ai·racheraient-ils de~ larmes comme les quatre murs du collège? Au lieu de placer l'enfant deyant la nature ou des mécanismes ingénieux, toujours la sécheresse et l'obscurité du livre I Quand certaines études arides prendront la forme des jeux de hasard et de combinaisons, quel élève, quelque répulsif qu'il soit à la culture intellectuelle, ne sera capable de s'intéresser à l'enseignement? quelle immense utilité ces jeux ne pourront-ils pas acquérir dans l'instruction de l'enfance? De combien d'applications ne sont-ils pas susceptibles 1 c'est tout un monde à explorer! Mais il n'entre pas dans le plan de cette étude d'insister sur ces ùiYers problèmes. Là n'est pas l'urgence. La lacune effroyable que j'aperçois surtout ne règne pas dans le plus ou moins de savoir : elle est dans les âmes. Les hommes de talent pullulent : un peu de tendresse pour l'humanité vaudrait mieux cent fois. Que demain, par enchantement, leur nombre soit décuplé : qu'y gagnerons-nous, s'ils n'ont pas le sentiment de la fraternité humaine? Quoi de plus dépravé que l'esprit qui ne s'inspire pas de la bonté? et combien celle-ci se trouve en arrière de celui-là I Je ne méconnais point les progrès réels de la conscience publique :·mais ils sont dépassés infiniment par les clartés nouvelles qui ont pénétré dans l'intelligence. Les rangs des parias qui veulent connaître s'épaississent tous les ~8
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