594 LA REVUE SOCIALISTE jours; il faut aussi multiplier les cœurs qui ont besoin d'aimer. Assez d'hommes admettent qu'il est bon do distribuer la lumière : peu comprennent qu'il est indispensable de repandre la tendresse. Si los considérations précédentes étaient encore entourées <le quelque ombre, je les résumerais ainsi : L'éducation doit saisir le corps, l'esprit et le cœur <le l'enfant pour y mettre la vigueur, la pensée et le sentiment; mais l'intelligence vaut plus que la force, et l'amour est meilleur que l'intelligence; Les trois périodes qui partagent l'enfance doivent s'écouler dans la nourricerie, l'institut préparatoire et l'école, et non dans la famille, milieu toujours désordonné, souvent immoral, et qui ne donne pas, d'ailleurs, des garanties suffisantes de savoir et de capacité; Le contact irrationnel de deux âges discordants est nuisible a l'un et à l'autre. L'éducation isolée constitue un gaspillage de temps et do facultés, une violation de la loi du progrès qui demande l'économie de ressort. Les enfants sont créés pour vivre ensemble, mais sous la surveillance incessante d·un personnel auquel peuvent toujours s'adjoindee les parents, à charge par eux de <.)nnaître et de pratiquer los procédés reconnus les meilleurs. Les enfants, parvenus à l'adolescence, et qui auront été immergés l1ansces ondes pures et vivifiantes, pourront aborder avec sérénité los régions supérieures du savoir: leur éducation morale sera faite. Ils so montrernnt déja fort instruits; mais surtout ils seront infiniment bons; car ils n'auront appris ni la tyrannie, ni le fanatisme de la superstition, ni les haines de caste et de nationalité. Ils n'admettrout qu'une puissance légitime: lo cœur; ils ne reconnaîtront qu'une révélation religieuse : celle que le sentiment de l'infini fera dans toutes les àmes; ils n·accepteront qu'une secte géographique: celle qui se nomme la fraternité du genre humain. Henl'i BRISSAC
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