582 LA REVUE SOCIALISTE calme; ses droits sont sacrés aussi; pourquoi les niez-vous? Quelquefois c'est un savant qui veut résoudre un problème, un pensem· qui médite sur le but de la vie, un artiste qui cherche le beau : los besoins de leur esprit sont-ils moins importants quo cem~.de la turbulence? Appliquons-nous à prévenir les chocs c1ouloureux, au lieu de condamner toujout·s ceux qu'ils blessent. Quand ce sont les parents qui faiblissent, le chaos triomphe. La b1•iclest lâchée au bambin; il en fait une lanière clont il les frappe. Qne dis-je, les parents? plutôt la mère. En effet, un clrame se joue souYent clans les familles; il a pour titre : La lente immolation de la mère par ses erifant~. Pour comprendre comment ce drame est possible, il faut réfléf'hir à ceci : L'enfant fait le bien ou le mal, scion la direction qu'on lui imprime et le lieu où son actiùté se déYeloppe. Jl possède une conscience; mais elle n'agit que sous la forme d'un sentiment inc0mplet, et qui s'émousse aisément, au lieu d'être, comme chez l'homme, tantôt une impulsion peimitive, tantôt une idée. Il s'ensuit que, clans tous les cas où il est tenté de commet.re une mauvaise action, on peut espérer que sa seule spontanéité ti·iomphera clu mal, si toutefois ollc n'est pas déjà clénaturée par de funestes exemples. S'il s'agit, au contraire, de circonstances où la 1·aisonseulement est en cause, on peut compter que cet organe est encore trop faible chez lui pour l'empêcher d'être méchant. Par exemple, tant qu'il n'entend pas de gémisssements, et cgùl ne voit pas le sang couler, comment sa sensibilité s'éveillerait-elle'? Ainsi s'expliquent sa tyrannie envers les quadrupèdes et les oiseaux, et los cruautés qu'il exerce sur les animaux inférieurs. Se sent-il ému en arrachant les ailes et les pattes aux mouches? La conscience, en ce cas, provient d\m raisonnement et non d'une pitié naturelle. De même, pourquoi s'abstiendrait-il de tourmenter ses parents de cent manières? Les chagrins qu'il leur cause, il ne peut les comprenclrc, car il ne les a jamais éprouvés lui-même. Et comme il est barbat·e avec les animaux, il est malfaisant avec les hommes, si son obéissance ne supplée pas aux lumières qui lui manquent. Un enfant indiscipliné est bien près ri' être une bête fét·oce. Mais cette obeissance, base inrlispensable de son éducation, est une sorte de toison d'or qu'il faut savon· conquérir. L'enfant a un instinct remarquable pour cleYinerla force et la faiblesse, pour écraser celle-ci et rour plier deyant celle-là. Sans doute, il est des natures privilégiées qui n'ont pas besoin d'ètre soumises à cette autorité. La t·igucm· âvec elles seeait odieuse; elle constituerait une • injustice et un non-sens. A ces adorables créatures, la bonté suffit. Elles ont besoin üe tendresse, de lumières, et non de reproches. Elles obéissent natm·cllcment à ceux qu'elles aiment, et elles écou-
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