La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

ÉDUCATION 570 capables d'une bonne action. On les appelle alol'8, suivant la g1·avité des cas, mauvaises têtes et bans cœurs ou bourrus bienfaisants. Aflreux types ile tortionnaires qui ont toujourg une aPme dont ils frappent, et ùe la charpie pour 6tanch01· le 1:,ang-. Les uns incarnent lu 1·ace porcine dans leurs at.tittHles et leur langage. Ils cachent leur manque cle tact sous les brnsque1·ie1:,<l'une franchise appa1·ente. Il semble toujours quïls YOJlt mal'chet· 1:,ur quelqu'un ou quelque chose. Ils Loucheut les fibre1:,délicates du cœur comme ils manie1·aient la col'de d'un cabestan. Ils ont lu pal'ole impérative el le ton tl'anchant. Exubél'ance de J'ol'ce, dira-t-on '? Du tout, excés ùe grossièreté. Les auLregont la manie do la contradiction, ou aig1·eou édulcorée. Est-il besoin clodire qu'il ne s'agit uullemoni ici clos tlroiis de la libre pensée qui croit une Yél'ite en péril et s'(•Jance pour la déf'en,ln'. Non, c'est bien la conti·adiction, mesquine, 1·abùchcuse, tatillonne, irritante, hébétée, toujours en 6Ycil, toujours botll'(lonnaule ci a1·méc comme la guêpe, toujou1·s: 1n·ète à enfoncer son dard, à propos de tout et de l'ien, ile l'èll·e ou du néanl., du cii'ou ou de l'éléphant, du destin ùu monde ou d·un gl'uin de poussit>1·e.Une humeur ücre bouillonne daus ces insupportaule!s joùtom·s l'Lles incite a gue1Toyel' sans kèYe ni repos co11L1·0des moulins à YCni.. \.Y0Ceux, on ue peut esquive1· le combat, et il est impossible à la lin <lo savoi1· à propos tle quoi l'on a combattu. Ou ne peut ni les aime1·, cai· ils vous pe1·sécutent; ni les hafr, car ib igl!o1·e1ltle mal <lu'its font; on ne peul que rogl'etter <leles connaître, et les fuil· comme uu lléau ou los accepter comme des malades. Allons au fond de tous ces défauts, et nous y trouvernns une lacune d'éducation. On n'a pas exercé ces csp1·its indisciplinés à tenir compte des tlroits d'au i1·ui. Le sentiment riol'harmouie sociale leur manque, et ils la troublent par leurg maurnises habitudes. A force do suine une mauyaise dil'ection, ils ont fini par croil'e que leur indépendance y est attachée; et. s'ils s'en écartaient,. il leUJ· semblerait se <lépouiller de leUI' individualité même. Cepcmclant, les obligatious du vrai sarnü--vivre, pour celui qu'on y a pljé dés l'enfance, ne sont pas plus lourdes a podel' qu'il est douloureux à un musicien, qui fait sa partie d'ol'chesire, de se soumetti-e à la tonalité et aux nuances. L'un et l'autl'e, en n'alté1·ant point l'harmonie générale pa1· des écarts, n'abdiquent nullement leur liberté, mais il font p1•euye d'une bonne éducation, celui-ci, d'artiste, celui-là, d'homme. Si les règles de la courtoisie pouvaient être attentatoires en quelque point aux exigences vraies de notre nature, cette antinomie devrait nous faire renoncor à l'espoir de résouch·e le problème social. Mais il n'en est rïen : et l'on peut aifirme1· son originalité tout en restant dans les strictes conditions d'un homme

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