LE TRANSFORMrs,rn ET L'ÉVOLUTION SOCTALE 53 LE 'TRANSFORl\tIISME ET 1/ÉVOLUTIONSOCIALE (Suite et fin.) (1) « Définissez les termes » disait Voltaire aYec son impeccable logique. Suivons le conseil. - Après avoir analysé l'èt1·e, pris isolément et l'avoir suivi dan~ son évolution individuelle, tâchons de préciser ce qu'il faut entendre par << groupe social » et par « éYOlution collecfo·e ». Le mouvement transformateur, qui faisait monter graduellement l'anthropoïde au rang d'homme, devait, en même temps, pe1-fectionner l'instinct de groupement, pour la défense et pour l'attaque, qui porte la plupart des animaux à vivre en troupe. Cet instinct d'association se métamorphosa chez l'homme, en un sentiment de « sociabilité» qui n'est qu'un premier pas vers un idéal plus parfait: « la solidarité et la fraternité ». Il en résulte, que le groupe ne doit pas être considéré seulement comme un simple total, mais comme une personnalité collecti\·e, ayant son caractère spécial. Par la même raison, l'homme deYient quelque chose de mieux qu'une expression arithmétique, représentant une des unités composant le groupe; il devient une cellule organique de ce g1·oupe,une molécule sociale. EYidemment,l'homme n'est pas, comme le polype, forcément attaché au groupe où le sort l'a fait naître - partout, au moins, où il a pu conserver la possibilité de s'expatrier ou de changer de nationalité - mais il ne peut, quoi qu'il fasse, cesser de faire partie d'un groupe social quelconque. L'idée que l'homme puisse évoluer dans la solitude est un nonsens, il ne pourrait que rétrograder. Les anachorètes dans le <lésert, étaient des phénomènes contre-nature, des cas pathologiques; Robinson dans son île n'était qu'un accident. Quoique simple cellule composantè, l'homme ne perd pas pour (1) Voir Revue Socialiste du 15 avril.
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