La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

560 LA REVUE SOCIALISTE <luctiondont ils ayaient la surveillance (1). De plus, à mesure que se multipliaient les besoins, que, par suite, naissaient de nouvelles industl'ies, <lenouyeaux prncédés de tranlil, les anciennes coqio1·ations s'opposaient à ce que de nouYelles surgissent. Là, comme toujours, l'ancienneté tentait ne prom·er le dt·oit, et les six corps : la draperie, l'épicerie,la pelleterie,l'odé,-rede,la bonneterie, « 1·emontaient au plus haut de la nuit de noti-e histoire pour y trouYer leur berceau, leur saint patron, leur blason, leur quartier d'habitation dans la ,·ille ». Ainsi que le dit M. Renouard, pour donne1·une iclée de ces querelles, il faudrait dire comm(~ntles corporations ((conset·- vaient a-vecjalousie la description et le souYenir des étoffes ef des couleurs sous lesquelles ils marchaient aux entrées et aux. sacres des 1·ois; raconter a traYers quelles Yicissitucles, et au prix de quelles discordes intestines, les transformations s'accomplissaient; et, par exemple, comment au xv• siècle les chandeliers, puis un peu plus tar1l les Yinaig-ricrs-moutardiers parvinrent a se séparer des épicien;; comment les apothicai1·eseurent à lutter jusqu·au xvue siècle pour s'affranchir de la suzeraineté de l'épicerie; dire la grandem· et la <lécadencedes merciers, en possession d'abo1·dde tout le commerce extérieur » ... On a -ru des procès entl'e corporations durer deux cent~ ans; beaucoup ne prirent fin qu'avec le décret qui les abolit toutes (2). On se tromperait si on considérait tons les artisans:comme bénéficiaires du régime ,les corporntions. Pat· l'institution des maîtrises, une classe s'était instituée qui faisait tous ses efioi-tspour maintenir les compagnons dans l'état de salariat. Acet eŒet,les maîtres constitués en bourgeoisie obtenaient du pouYoir royal des édits interdisant sous les peines les plus séYéres les coalitions d'otruiers en yue d'élever le salaire, fixant le maximum du salaire et la durée de la jolll'née de t1·ayai1 (3). (Ordonnance du roi Jean, 1350.) (1) Le grand bouteiller ou échanson avait juridiction sur lel'Imarchands de vin et les cabaretiers: le grand ou premier maréchal des écuries du roi sur les maréchaux; le chambrier sur les merciers, frippiers, pelletiers; le g1·and panetier sur les boulangers et talmeliers, etc., etc ... Chacun d'eux donnait des lettres de maitrise .. Il en tirnit des taxes et rétributions; il anit droit de visite et juridiction sur eux pour connaitre, par lui-même ou par ses officiers, de leurs différends. {RENOUARD, Zoc. cit.) (2) Toutes, exceJ:lté celles des notaires, huissiers, avoués, avocats, agents de change, médecins, etc. (3) Le statut de 14.96 (sous Henry Vlll) fixait la journée de travail à quatorze et quinze heures, avec trois heures de repos. A ce propos, Karl Max constate (Le Capital. ch. X. sect. V, p. 117) que Je Factory act en Yigueur au momeut où il écrivit son livre (1872) ne laisse aux ouvriers que la moitié du temps de repos accordé par le législateur du xv8 siècle. Pour ce qui est du salaire, tel que le fixait le statut de 1496, il cite une remarque de J. \Vade d'où-il ressort que « la nour,·iture comptait comme l'équi\'alent

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