La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE; DROIT ÉCONOMIQUE 559 gréco-romaine. Aristote la constate e-11 ces termes : « La Sardaigne était autrefois riche, et Aristée, dont on a vanté l'amour pour l'agricull.ure, h1i donna des lois. Mais elle a bien qéchu depuis; car les Carthaginois s'en étant rendus les maîtres, ils y d~truisirent ce qui la rendait le plus propre à la nourriture des hommes, et défefülirent 1 sous peine de la vie, d'y cultiver la terre >). « Et nous, s'écrie Cicéron, le plus équitable des peuples, afin de hausser la valeur de nos yins et de qos olives, nous ne souffPonspas que les peuples d'audelà des Alpes fassent des plantR de vigne et d'olivier. • M. Du Mesnil-Marigny, après avoir rappelé ces fo1·mesbarbares de la prohiqition dans l'antiquité, les retrouve à une époque plus rapprochée de la nôtre, pratiquées par des peuples de civilisation occidentale, mais clans des,formes aussi cruelles : A Surinam, possession hollandaise, la peine de mort atteignait ceux qni livraient au commerce extérieur des grains de café qui n'avaient pas été passés au four. » Il ajoute qu'au siècle dernier les Anglais, dans un même but de lucre, ne laissaient sortir de leur île qu'après les avoir hongrés,certains chcYaux dont ils aYaient perfectionné la race. (l) Il cite également la monstrueuse exploitation de l'Inde par les Anglais « qui ne songeaient qu'à s'emichir, aussi promptement que possible, par les moyens les plus condamnables. » On sait en effet que c'est à la rapacité des Anglais contraignant leurs malheureux sujets indous à la, culture du coton destiné aux manufactures britanniques que, malgré leur« sobriété et l'étonnante fertilité du sol », ces infortunés doivent les épouvantables famines qui les déciment périodiquement. Lorsque la concurrence meurtrière est limitée par des règlements politiques ou corporatifs, les producteurs peuvent-ils respirer? Pas toujours, car l'état de paix n'est obtenu qu'à des conditions fort onéreuses. Trop souvent l'intérêt. particulier du souverain ou des suzerains se substitue à l'intérêt public dans la réglementation du commerce et de l'indn1otrie.'l'rop souvent les mesures de protection économique se wansforment en mesures fiscales. Oomme le fait :remarquer M. Ch. Renouard, « le trafic et la création des maîtrises était une branche d'exploitation financière. Avènement à la couronne, mariages ou naissances de princes ou pri:p.cesses, entrées des rois et des reines, étaient des occasion& pour créer des nouvelles maîtrises, habituellement accompagnées de la dispense des preuves ordinaires de capacité exigées vour la réception des ,naîtres ,2). » D'aut1·epa1·t, les inte1·m6diaires royaux se considéraient comme les fermiers exploitants des brl)1whes de la pro - ~1) Hist. de l'Ec. pol. t. Ill, p. 30q. (2) Trait~ àes brevets d'invention. •

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