544 LA REVUE SOCIALISTE leurs mains soient si pleines tandis que les mains des autres sont si vides et, Yolontiers, rogne1·aient leur propre part pour que celle rle leurs voisins fùt égale à la leur. A l'heure présente, le mouvement sociali::;teest beaucoup plus répandu dans la classe moyenne que dans la classe ouvrière. Chez les gens studieux et pensants, la croyance au socialisme dériYe d'une conviction intellectuelle, et ils la p1·êchent aux ouvriers qui ont tout à gagner en l'acceptant; aussi quelques-uns d'entre eux l'ont déjà embrassée et l'enseignent. Au lieu d'être un mouyement de classe, c'est un mouYement d'hommes et de femmes de toutes les classes, unis pour un but commun; et l'armée socialiste est composée de pel'sonnes de rangs sociaux variés, n'admettant pas ces distinctions de clas::;es pour la destt·uction desquelles elles se sont coalisées. III. Je suis socialiste parce que la pauvreté des t1·availleurs est et doit continuer à étre une partie intégrante du morJ.epre'sent de production et de distribution de la richesse. - D'après ce mode, laterre,le capital, et le travail, ce:- h-ois facteurs de la production de la 1·ichesse, sont séparés l\m de l'autre, et le traYail pt·ivé de terre et de capital - est obligé de se ·rnndre pour YÏ\'l'e - gît à la merci rles classes }H'iYilégiées.Lepl'Opriétaire du sol ,lomande une pai•t du produit qu'il rapporte; et cette part, il la réclj;l-me,nonpa1·cequ'il a aidé à obtenir le pro,luil, mais pa.l'CC qu'il possède la matière première clu sol et peut empêcher quiconque d'utilisei· cc sol si c'est son bon plaisit·. Lu te1Te est à lui, c'est pou1· lui que la pluie la détrempe et que le soleil la chauffe; pour lui que la tench·c mè1·cnatm·e clécouVl'eson sein odoeant et 1·épan<l es késors dont ses b1·assont chargés; c'est pour lui qu'elle a tt·availlé pendant des siècles silencieux a fait-c croître ses fol'êts, a carboniser ses t1·é.ol's Yégétaux enfouis, a emmagasiner dans ses Yastes domaines inYisibles les gemmes et les minerais, à se transforme1· pendant closmy1·iades d'époques à l'aide de la Yie et de la mol't, de la c1·éation et de la destruction. par naissance ra.pille et par lente décomposition. Et tout ce lraYail des àges, p1·oduit par de puis.sautes fo1•cesinconnues, c'est pour Milortl 'l'ètevide, qui étend ses mains inutiles sur ce noble produit. et c1·ie à ses innombrables semblables : « Ceci e. t à moi ! » Alors il passe un marchè ayec eux, réclame le droit d'imposer leur trayail en échange de la permission qu'il leu1· accorde de faire usage de ce qui devrait êti-e une propriété commune, et, qui plus est, d'impose1· ce travail en propo1'tion de sa réussite. C'est ainsi que les ducs de Westminster, de Bedford et de Portland, les marquis de Londonderry, d'Anglesey et de Bute, les comtes ile De1·byet de Dudley, ainsi que beàucoup d'autres, deviennent de plus en plus 1·iches, non pas parce qu'ils tt'aYaillent, mais pa,·ce que
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