540 LA REVUE sor.rALISTE l'union sociale; c·est l'étiqu<'tte 1·econ11uede l'école qui a poul' doctrine fondamentale que la terre et les moyens de production doiyent êtec la propriété de l'union sociale, et non celle d'individus priYilégiés de cette union; c'est la seule expression reconnue dans le monde entier pour désigner ceux- qui sont opposés à la t,rrannie politique, religieuse et sociale; qui regardent avec une sympathie fratel'llelle les efforts faiLspar chaque nation combattant pour sa liberté; qui partout, font cause commune avec les teayailleut'S; qui, enfin, ne reconnaissent aucune barrière <lenationalité, de classe, de croyance, mais YOientun frÈ'l'e dans chaque prolétaire, un ami dans tout ami du l)euple. Les désignations politiques varient ayec les contrées; mais le nom de socialiste, comme celui <l'athée, n'appartient à aucune nation; il est compris partout; on le mm'mUI'e dans la steppe russe, dans le champ allemand, dans la vi llc française, dans la ville ita - lionne; et partout où il est prononcé, les chaînes des captifs semblent. un moment moins lom·de~, car l'espérance les a soulcyécs et les figures des tra·rnillem·s s'éclail'ent, comme s'éclairent des 1·ayons ,l'un jour de soleil les outils sur lesquels ils sont penchés. Passons clunom a la chose, clu « signe extérieur et Yisible a la grâce intérieul'e et spi1·ituelle ». Dans les limiLes restt'eintes d'une courte étude, il ne m·e t pas possible de donner toutes les raisons qui m'ont renclue socialiste; mais il y a tl'ois courants principaux de pensées que j'ai parcourns clansmon érnlution Yers le socialisme. et c1ueje Youdrais Yolontiel's Yoir parcourir par mes lecteurs, dans l'espérance qu'eux aussi trournront qu'ils conduisent au même but. I. Je suis socialiste parce que je crois en révolution. - Les ol'ganismes no sont pas des créations isolées, mais sont reliés entre eux et font partie d'un seul grand arbre de \'ie; le simple précède le complexe; le progrès est un procédé d'intégrations continues et de différentiations de plus en plus croissantes. Ces grandes Yérités, appliquées au monde physique animé par Darwin, Huxley, Haeckel, Büchner et lem·s disciples, ont démêlé les ècheYeaux embrnuillés tic l'existence et éclairé les recoins cachés de la Nature. Mais le senice que l'évolution devait 1·endre à la science ne con• sista pas seulement a faire de .l'histoire naturelle un tout cohél'ent au lieu d'un monceau cle faits non pertinent~; l'évolution éclaira ensuite le monde de la pensée et montra les progrès croissants de la mentalité, depuis l'organisme le plus bas qui répond à un stimulus, jusqu'au cerveau créateur de l'homme. Et après cela, l'éYolution avait encore du travail a opérer : elle fit rentrer dans l'ordre les éléments cliscorclants du monde moral, analysa le devoir et la conscience, le droit et le to1·t, l'obligation et la responsabilité, si bien qu'elle rendit intelligible et conséquent tout ce qui semblait
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