50 LA REVUE SOCIALISTE Fiez-yous ensuite aux éYaluations de l'ü. de Lesseps! Le Bullet1·n du 15 juillet 188:S dit : « Les déblais pour creuser le canal s'élèyeront a 128 millions rle mètres cub0s, dont <leux it Colon et deux a Gatum ... » Or le Pr janYicr 1887, on ayait cléblayé clans ces deux derniers chantiers, non pas quatre, mais 9.891.578 mètres cubes; soit sensiblement plus du double - et l'on était encore loin d'ayoir atteint le cléblaiement nécessaire 1 Ce Bulletin est une mine de calculs et d'estimations insensés. Dans le numéro du 1er septembre 1886, on lit : « La moyenne <lu rendement par homme et par journée s'est élevée à plus de 5 mèkes cubes. » Dans celui du 15 janYie1· 1887, ~I. cle Lesseps énumère ainsi les forces immenses appliquées au percement du canal : « L'armée cle 12 à 15,000 traYaillem·s qui est dans !'Isthme <le Panama est as'iistée de machines 1·epl'ésentant une force auxiliai1·e de près rle 600.000 homme:--. » Comment calculer, <l'ap1·èsces données, la. mai·che possible dos traYaux? Les cinr1 mètres Cll bes de rléblai par jour et par homme rep1·ésenteut-ils le t1·avail cl'nn homme assisté de la machine, ou bien faut-il entendre par la que chaque unité ile force humaine dont la totalité s'élèYe à Gl5.000, déblaie 5 mètres cubes par jour? Dans le premier en., c'est tout a fait insuHlsant et au-dessous des calculs établis par M. de Lesseps luimême pour que le canal soit creusé dans les délais youlns. Et cepernlant, il présente ces cim1mètres cubes par jour comme un résultat merveilleux ... Dans le secontl ca:--,lecalcul est fanLastic1uemoins de quinze jours suf!1raient pom· le déblai de 40 millions de mètres cubes nécessaires au pe1·comont<1ncanal à écluses! Ou ·ra,snr ce trait m'accuser ll 'exagérntion systématique. Cependant l'interp1·étation, peut-être un peu forcée, que je don ne à cc passage, est loin de conduire à une éYalualion aussi fantastique que la suiYante, sur laquelle toute équiyoque est impossible. M. Ch. de Lesseps (talispaterqualis filius),ap1·ès arnieénuméré les 1ecettespossibles du transit, s'adressait dans ces termes à l'Assemblée cln 2 mai 1887 : « En sn:, de ce reYonu, il y a une yaleur de :S00.000 lwetares de teri-ain concédés geatuitement pm· le gou ret'llement colombien. Que vaudront ces terrains? J0 n'en sais 1·ien; mais ce que je sais, ç'est que les terrains c1ePort-Saïd et <leSuez Yalent couramment 100 et 120 fr. le mètre. )) Port-Saïd, Suez! Toujou1·s ce parallèle qui se poursuit, même quand. la société est à bout, qu'elle ne ::;aurait se faire illusion dayantage, en admettant <1ueses atlrninistratem·s aient partagé une heure les illusions des actionnail'Cs. Quol!-l::;cl'Ontles ayanta.ges retirés par la Compagnie, en sus du transit, de la valeur <le ces cinq cent mille hectares cle te1-rains? Atteignant, comme à Suez et Port-Saïd, une Yalout· minima de 100 fl·ancs 10 métre cané, une
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