La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

532 LA REVUE SOCIALISTE nuent par cela même, la demande de traYail sur le marché de traYail, rompent l'équilibre et par suite contraignent les prolétaires, sous peine de moul'ir de faim, a subil· toutes les conditions ùes capitalistes. Les choses donc 1·rstent en l'état; les progrès industriels se tournent fatalement contre les trayailleurs destinés ainsi a deYenir de plus en plus misérables, pendant qu'en vertu de nos pl'Og1·ès, les capitalistes de moins en moins nombreux, deYiennent de plus en plus riches (1). Toutes choses étant ainsi, les t1·availleurs de moins en rnoius payés, pem·ent de moins en moins racheter leurs produits; il y a surproduction, engorgement du marché, pendant qu'ils manquent de tout et alors éclatent les crises (2) et s'étendent ces chômages, géné1·atelll'sde souffrances et de mortels dénuements qui font frémil'. Le roi phrygien Midas avait reçu de Bacchus le don dangereux de change1· en or tout ce. qu'il touchait; le capitalisme change eu facteurs <l'oppression et de misè1·e tous les prog1·èsscientifiques et industdels. Rien a répondre par suite a cette constatation de l'un des maitres <lu socialisme scientifique. « Le trayail anté1·ienl', le capital, e'crase le travail vivant, dans « une société qui produit dans les conditions de la clivision du « traYail, de la loi de la concurrence et de l"aide-toi. Les propres « produits de son traYail étranglent le traYailleur; ::;on tnn·ail « d'hier se soulèYe cont1·e lui, le terrasse et le dépouille de son « produit de ti•ayail d'aujourd'hui. « Et plus le travailleu1· procluit depuis 1789, plus il accumule de « capitaux. au se1·vicede la boUL·geoisiedont il augmente la propl'iété, « plus il facilite pa1·-là les progrès ultérieurs de la division du (< traYail, plus il augmente le poids de sa chaîne, plus il rend clé- « plorable la situation de sa classe. » (3) (1.) (( Plus l'outillage se perfectionne, plus le travail devient productif plus les l.,éoéfices des parasites du capitalisme augmentent; mais en revanche, plus les travailleurs pen1ent en indépendance, en sécurité, et plus ils voient s'aggraver leu1 misère, cal' plus grossit le capital social, plus leurs tyrans économiques sont armés contre eux, et moins il y a de travail, c'est-à-dire de salaires pour eux. « Le prolétaire moderne, comme l'homme de la tragédie antique, est le jouet de la Fatalité et la lUoïra qui l'écrase et le sacrifie sans pitié, c'est le grand industrialisme capitaliste. (B. Malon : Le Nouveau Parti.) (2) Depuis le commencement du siècle on compte douze grandes crises qui ont laissé de funèbres souvenirs dans les villes industrielles, notamment de d'Angleterre, de France, de Belgique, d'Allemagne et d'Amérique du Nord, en voici les dates : 180~, 1810, 1813, 1818, 1826,1830-31, 1836, 1839, 1846-~9, 1857, 1860-63, 1871-73, 1885· 86. Quant aux chômages, ils sont périodiques dans plus de la moitié des industries. (3) Lassalle : Capital et travail.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==