530 LA REVUE SOCIALISTE riat (l). Auguste Barbier et Vict.01· Hugo trouvèrent des accents .;mus pour faire écho à la souffrance de la femme et do l'enfant (2). (1) Sur le taureau de fer qui fume, souffle et beugle, L'homme a monté tr.op tôt. Nul ne connait encor Quels orages en lui porte ce rude aveugle, Et le gai voyageur lui livre son trésor: Son vieux père et ses fils, et les jette en otage Dans le ventre brûlant du taureau de Carthage, Qui les rejette en cendre aux pieds du dieu de l'or. Mais il faut triompher du temps et de l'espace, Arriver ou mourir. Les marchands sontjaloux. L'or pleut sous les charbons de la vapeur qui passe. (ALFRED DE VIGNY: la Maison du Berger.) Sans doute, dans Lyon que la terreur comprime Le geste de la faim est puni comme un crime . ... Ne soyez pas trop fiers d'un triomphe récent, ... Rien ne comprimera l'émeute universelle D'un bout du monde à l'autre, elle étend ses chaînons, ... Ils ont faim, et voilà le complot qui les pousse Explorons les cités, toutes ont le111·Croix Rousse : Des affamés partout, voilà le genre h:imain. (BARTHÉLEMY! la Ném.tsis). Enfants du continent, prétez l'oreille aux vents Qui passent sur le front des villes ouvrières Et ramassent au vol, comme flots de poussière, Les cris désespérés qui montent de leurs flancs ; Et puis vous me direz s'il est musique au monde Qui surpasse en terreur profonde Les chants lugubres de ces lieux. Le fer use le fer et l'homme use les hommes. (AUGUSTE BARBIER : Iambes et poèmes). ,LES ENFj.NTS (2) Ma mère, que de maux en ce lieu nous souffroos, L'air de nos a,teliers 1~ousronge les poumons Et nous mourrons, les yeux tournés vers la campagne, Ah! que ne sommes-nous habitants des montagnes, Ou pauvres laboureurs dans le fond d'un va.lion! ... S'il faut ti:.availler sur terre, nos poitrines Ne se briseraif,nt pas sur de froides machines, Et la nuit, nous laissant respirer ses pavots, Nous dormirions enfin comme les animaux. lA FEMME Pleurez, criez, enfanta dont la misère De si bonne heure a ployé les genoux. Pleurez, criez, les animaux sur terre, Les plus soumis à l'humaine colère, Ne sont jamais si malheureux que nous. La vache pleine, et dont le terme arrive, Reste· à l'étable et sans labeur nouveau Tranquillement, sur une oollChe oisive,
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