518 LA REVUE SOCIALISTE nuyèe, s'endort sceptique et triste, à l'ombre m01·telledu mance• nilli0 r de la décadence, le prolétariat des Deux-Mondes s'organise pour les victoires épiques que l'avenir lui réserve. Poussé par les intérêts de classe qui se confondent ici avec l'intérêt général, se sachant le nombre et la force, se sachant lo droit en tant que champion du devoir social et cle la solidarité humaine, ce prolétariat déflniti-rnrnent insurrectionné, ne désarmera maintenant que lorsque, glorieux résultat de de ses efforts et couronnement de la prnpagande socialiste, une ci-rilisation plus haute et meilleure, reflet social rle la science moderne et incarnation de l'éthique humaniste nouvelle, aura remplacé la ciYilisation bourgeoise, génératrice de seniLudes, d'iniquités et de douleurs que la conscience modeme réprouye de plus en plus et que les Yictimes ne yeulent plus subü>. Il. - LA CRISE POLITIQUE. La nécessité d'une réforme socialiste s'affirmera plus urgente encore, si on descend sur le terrain politique. « ... La démolition graduelle de toutes les maximes sociales et en « même temps l'amoindrissement continu de l'action politique « tenclent de plus en plus, chez les divers partis actuels, à écarter « d'une telle carrière les âmes élevées et les intelligences supé- <1 rieures, pour liner surtout le monde politique à la domination « spontanée du charlatanisme et de la médiocrité. L'absence de n toute conception nette et large de l'avenir social ne permet guère >d'os.or aujourd'hui qu'à l'ambition la plus vulgaire, à celle qui, « dépourvue de toute destination vraiment politique, recherche « instinctivement le pom'oir, non pour faire plus utilement prévaloir « ses vues générales, mais uniquement comme moyen de satisfaire, « le plus souvent, une ignoble a,.-idité, et quelquefois, dans les cas <c les moins !léfavorables, un besoin puéril de commandement. n (1) Très malheureusement il n'y a rien à retrancher à cette forte critique du fondateur du positivisme; les fruits amers de l'arbre desséché sont là. Abstraction faite des petitesses, des misères, du peu <lebonne foi de la politique clespartis dans chaque nation respective, que voyons-nous au point de Yucgénéral? « Nulle idée d'une politique planétaire ayant pour but, selon le « vœu ,l'un homme politique français, de faire converger toutes les « sciences, tous les efforts vers la décotlYerte et l'application '.des << procédés à mettre en usage pour ,améliorer l'homme et rendre « son état social au. si parfait que possible n (2). (1) Auguste Comte : Système de philosophie positille, (2) De Lanessan : ze· Transformisme.
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