La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

512 LA REVUE SOCIALISTE Nos utopies politiques et socialistes, par Joseph PERROT. 1 vol in-18, prix 3.50. Ghio, éditeur. L'auteur <lece livre signe disciple de Proudhon. Les divers problèmes politiques et économiques de notre époque sont, en effet, posés et discutés dans cet ouvrage sous la forme antithétique et contradictoire chère à l'auteur de l'Idée de la Révolution. M. Perrot est disciple de Proudhon dernière manière, je dois le dire pour l'éclaircissement des lecteurs car, Proudhon llyant beaucoup varié de 184-0 à 1864,, on retrouve ses variations et mêmes ses contradictions parmi les rares publicistes contemporains qui se réclament encore du maitre. Donc, M. Perrot remonte, par filiation naturelle, à la Capacité politique des classes ouvrières, l'ouvrage de Proudhon que j'estime le plus, après son premier Mémoire sur la propriété. L'ouvrage est divisé en deux parties : la premitre, adressée aux démocrates socialistes, pose et discute, dans leurs divisions principales, les c;ontrar.lictions économiques à peu près telles que Proudhon les énumérait. L'organisation politique, la liberté politico-économique, l'influence de la société dans la création de la richesse, sont autant de chapitres traités avec verve. Des titres de chapitres sont même des réflexions philosophiques profondes, tel est celui-ci : « L'égalité des conditions consiste à prendre !ajuste mesure de no.sinégalités.» Je Dl' sais pas si M. Perrot a emprunté la phrase à Proudhon, elle est, dans tous les cas, bien jolie, dans sa concision énergique et d'une haute portée philosophique. La deuxième partie est dédiée à la bourgeoisie et développe la théorie du droit commutatif. L'espace nous fait défaut pour analyser en détail les développements de l'auteu1·. La question des impôts et du crédit est, naturellement, la partie la pins suggestive et la rr.ieux traitée. Ajoutons en terminant, que M. Perrot, tout prouihonien qu'il se proclame, a subi, :ui aussi, nous ne lui en faisons d'ailleurs point un rep1·oche, au contraire, l'influence du collectivisme. Il demande, en effet, l'organisation de services communaux de boulangerie et de bouchel'ie pour prévenir les résultats désastreux de l'accaparement des denrées. Il est vrai que Pl'oudhon, tout en maudissant le communisme, a laissé échapper, des propositions de ce genre. En somme, le livre de M. Penot est intéressant et nous lui souhaitons un ' franc succès. L'invasion allemande'par la Belgique, par Gabrif,l MARCHI. Brœhure de 50 pages fort intéressante, où sont clairement exposés les périls prochains au cas désormais probable où, pa1· le fait d'un traité secret, le gouvernement belge livrerait à l'Allemagne l'entrée de son tenitoire. La France menacée par le Nord, qui demeure son point le plus faible, c'est l'al'mée allemande à 50 lieues de Paris. Les fortifications de la Meuse ne sont qu'une feinte, destinée à calmer l'inquiétude patriotique des progressistes belges. En réalité, elles serviront moins à la Belgique, dont l'effectif entier suffirait à peine à les occuper, qu'à l'Allemagne même, laquelle a forcé la main du ministre, lors du vote qui décida leur construction. M. Marchi, jadis directeur du National belge, ce qui lui valut une expulsion triomphale, a fort bien éclairé la situation, en cette recommandable brochure qu'il vient de publier à Ajaccio. GUSTAVE RouANET. Le ])frecteur-Gérant : Benoît MALON. Paris. - Typ. A. DAVY, 52, ruo Madame.

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