La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

500 LA REVUE SOCIALISTE l'augmentation de 10 centimes par heure, dont la réalisation a été ajournée au lundi 4 novembre. Ce compromis a étè conclu par l'intenention d'un comité de conciliation composé du Lord Maire, l'évêque de Londres, Sir John Lubbock, M. Sydney Baxton , et le cardinal Manning. Le travail reprit, le lundi 16 septembre. Mais, comme il fallait s'y attenrlre, il y eut des tiraillements, des récriminations entre le::; gréYistes et les blacklegs (ceux. qui ayaient travaillé pendant la grèye). Des mots on en Yint aux coups, et, pe]l(lant quelques jours, on crut presque que la grève allait recommencer. Mais MM. John Burns et Benjamin Tillett firent un chaleureux appel aux ex.-gréYistes, les exhortant à S(' contenir et à remplir strictement les con· <litionsde l'arrangement qu'ils aYaient signé comme leurs mandataires. lls réussirent à rétablit· 1'01·dre dans les docks, d'où d'ailleurs les blacklegs disparaissent peu à peu, congédiés à cause de leur rnaladrnsse et de leur incapacité. Jamais on n'ayait Yu tant d'argent souscrit pour soutenir une grève et surtout une grèYe de manœunes. Rien que d'Australie les g1•éyistes ont reçu 24.000 livres (600.000 francs). Bn tout les grévistes ont reçu 40.000 liv1·es(un million de francs). Sur cette somme 190.000francs ont été récoltés par un seul journal, radical socialiste, The Stai· (l'Etoile) dont le directeur politique est le sympathique T. P. O'Connor, député il'landais home ruler, le seul Irlandais à la Chambre des communes qui ait Yotél'amendement deM. Labouchere refusant la dernière dotation royale. La Star ayait hardiment pris le parti des grévistes et gràce à son tirage énorme (360.000numéros) a aid.épuissamment au succès de la grèYe. Fait important à notei', les Américains ont enyoyé des lettres de sympathie, mais <ledollars, pas un. Les comptes de la grève ont été apurés et il y a un surplus de 200.00C francs. Sur cette somme, 50 à 75 mille francs seront préleYés pour Yenir au secours des plus nécessiteux et pl'Obablement on rembour:era aux trades unions les sommes avancées par elles et qu'elles avaient empruntées pour Yenir en aide aux. dockers. Ajoutons que cette grève a eu non seulement pour résultat d'améliorer le sort des grèvistes, mais qu'elle a procuré, dans beaucoup d'autres métiers, un accroissement de salaires qui Yarie de 1.25 à 5 francs pa1·semaine. La grève va donner naissance à une fédération permanente, non seulement des portefaix des docks mais aussi des trayailleurs cle toutes les industries du bord de la Ta.mise. John Burns s'est assigné cette tache, •et; étant données les grandes qualités organisatrice~ qu'il a montrées, il y a peu de doute qu'il ne réussisse à fonder une formidable fédération. Lorsqu·eue fonctionnera, sa seule mena.ce de

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