498 LA REVUE SOCIALISTE entières quittent la Vénétie et les provinces du Sud pour allN' Roit aux Etats-Unis, soit surtout dans l'Am6rique cluSu1l.Lemouvement s'étenù de proche eu proche et commence à gagner los Mn.rehm, et le Piémont. Rn 1876,la statistique relevait 89.015 6migrauis tcmporairos et 19.750 6migrants class6s comme définitifs d'ap1•ès le lieu pour lequel ils ont demandé un passe-port dans leur commune d'origine. Le chiffre des émigrants temporaires, à part quelques fluctuations, est resté le mèmo : mais celui ,des émig1·ants définitifs est monté en 1886 à 85.355, en 1887 à 127.740, en 1888 à 195.211. Le développement si rapide de celte émigratiol\ est causé éYidemment var la misère. Dans les provinces d'Udine, de Belluno, de Trévise, cc ne sont pas seulement des brncczanti, mais cle 1ieliis propriétaires qui abandonnent leurs domaines, des terres restant incultes et les grands propriétaires se plaignent de la raréfaction de la main-d'œuvre. Ce sont surtout le Brésil, l'Uruguay ot la République Argentine qui attirent l'immigration italienne. Le quart c1ola population do la République Argentine est do sang italien. Ce qui est curieux, c'est, que, malgré la misère et l'émigration, lo nombre des habitants ile l'Italie augmente a-vecune grande rapidité. Dans l'espace do 120 ans de 1770 a 1889,la population de l'Italie a plus qm' doublé.Do 11 millions 1/2 d'habitants, elle a passe à 30 millions, co :qui équivaut à 105 habitants pat• kilomèti-e carré. La misère n'en augmente pas moins chaque jonr,ainsi que le mécontentement public. La participation de l'Italie à la triple alliance 1·etarde de plus en plus la solution des questions qui intéressent le pays. Et il serait pourtant si facile à M. Crispi do venir à Paris au lieu d'aller à Berlin I L'INCIDENTPAnONELLI.- Républicains et socialistes coutiuucnt lcu1· pl'opagande francophile, et on cola ils sont vigoul'eusemeul soutenus par le Secolo, la grande feuille populail'e de Milan. Celte patriotique campagne contre la politique ile la t.1·iploalliancfü vaut d'ailleurs au Secolo, de la part <lela presse officieuse, des attaques furibondes. La guerre contre le vaillant journal a pris ces derniers temps une tournure plus graye à propos de M. Paronclli, qui, ayant sollicité la corrcsponclanco du Secolo à Paris, a envoyé subitement sa démission,sous le fallacieux prétexte qu'il ne youlait plus contribuer à tromper le public sur les sentiments des Franc;ais cnvei·s l'Halio el sut· la possibilité d'un accord entt·e les deux pays. La démission de M. Paronelli, annoncée et commentée le mème Jour par deux Journaux berlinois,a pl'ovoqué une réponse très digue du dii>ecteul'du Secolo, M. Sonzogno, qui a fait remarquer cette étrange coïncidence et déclaré qu'au Seco/o on no trompe pcrsonno, ot quo, s'il existe· un ti·ompé, c'est lui, M. Sonzogno, qui avait ac-
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