LE l\iOUVEl\iENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 487 Mon cher ami, Je reg1•ette profondément que les nécessités de la bataille électorale me privent du plaisir que je me pt·omettais de prendre ce soir ma part de votre bell'e manifestation, J'aurais été heureux, comme nous l'avons fait, il y a quelques jours, pour nos amis italiens, de souhaiter une cordiale biP.nvenue à nos autres frères latins, qui viennent d'Espagne et de Po1·tugal nous tendrn la main. Cette fraternité des peuples qui s'affüme et se 1·esserre chaque jour davantage est d'un bon augure pour l'avenir. Nulle garantie n'est plus précieuse pour le maintien de la paix et pour le dëveloppemertt du progrès _dans le monde. Le11 citoyens de Portugal, d'Espagne et de Ft·anoe qui 1e trouveront ce soir réunis sont frères à un double tit1·e: pa1·la race et par la peuséo3,Tous ont un idéal commun de justice et de liberté pour la réalisation duquel ils sont prêts à donner tout ce qu'ils ont d'énergie et de force. Unissons-nous donc, Opposons la triple alliance lutine à l'autre t1·iple alliance. Que pèsera devant cette union puciflque et libératrice dea peuples la coalition homicide des rois 1 Signé: A. M1LLERANO, L'espace nous fait défaut pour reproduire les discours remarquables prononcés a cette fraternelle agape où les citoyens de trois nationalités se sont proclamés les compatriotes de la République latine. C'est d'abord notre ami Regnard, qlli, dans un langage d'une haute élévation etd'une clarté scientifique parfaite, a expliqué ce qu'il fallait entendre par ce mot de « race latine». Il a rappelé les services de toute.nature que cette race a rendus à la civilisation, partant combien il importait au progrès général de l'Humanité qu'elle s'unisse pour repousser les coalitions menaçantes de la race germanique, en tant que celle-ci_subitl'impulsion de M.de Bismarcl( et du parti féodal allemand. Après lui, le chef de la délégation espagnole a déclaré au nom de ses compatriotes que l'Espagne ne laisserait pas attaquer la France par la coalition:monarchique qui menace la liberté du monde en menaçant la liberté française. Le citoyen Lima a bu a la ville de Paris ; le citoyen Daumas,conseiller municipal, a répondu en espagnol ; le citoyen ConceçaoFernandez, portugais, a proclarr.é la fraternité universelle des travailleurs; le citoyén Rouanet, au nom de la Revue, a remercié les invités d'avoir répondu en si grand nombre a l'appel des socialistes parisiens. Le citoyen Ribanier, membre de la Bourse du travail de Paris a également prononcé des paroles fraternelles qui ont été au cœur de tous les assistants ; M. Xavier de Oarvalho, correspondant ·de divers journaux portugais, a bu au nom des travailleurs de la plume,aux travailleurs manuels et il était plus de minuit quand on s'est ·séparé,a~x cris répétés de :Vive la République latine !
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