La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

1•· LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRAr-iCE ET,A L'ÉTHANGER 485 « On ajoute : mais on ne peut pas tout faire à la fois. • Il répond : commençons toujours à faire quelque chose; on a « bien avancé déjà, dès qu'on a commencé)), • Voilà pour la politique intérieure. Voici maintenant pour la poliüque extérieure. Là encore, nous allons mettre nos respectueux conseils sous le couvert d'une autorité, celle de l'éminent écrivain Teodoro Moneta, rédacteur en chef du Secolo. « La France, par ses traditions républicaines et démocratiques, « par la forme politique qui la régit, par l'impossibilité dans « laquelle se trouve toute monarchie pour ·s'imposer à elle et « reprendre possession de son gouvernement, peut remplir en « Europe une grande mission. « Elle peut préparer pacifiquement - par le progrès, le bien-être, « l'instruction, le respect de tous les droits, l'ordre dans la liberté 1< - la démocratisation du vieux ·monde à moité féodal encore, et, « avec le temps, les Etats confédérés de l'Europe. « La France, fille aînée de la Révolution, a de grandes obligations « et ne peut renoncer à les remplir sans abdiquer sa destinée glo- « rieuse. « Une des lois générales qui régissent le monde est celle-ci : u l'Europe-tP,ndà l'union fedérale des divers Etats qui la composent. 1< Elle se trouve à peu prés dans les conditions qui étaient celles de « l'Italie et del' Allemagne avant leur unification, avec cette diffé- « rence que le sentiment national étant plus ancien que le sentiment « européen, trouva par là même plus facilement le moyen de s'ex- " primer et de prévaloir. « Mais, rle même que pour donner l'unité à ces nations, il fallait "' un programme, un groupe d'homme qui s'en fissent les soutiens et « un Etat qui devînt le pivot et la bannière de ce mouvement - (ce « fut le Piémont pour l'Italie et la Prusse pour l'Allemagne) - de « même devrait-il en être aujourd'hui pour renouveler ce procédé « historico-politique, en vue de l'union de l'Europe. Quel sera l'Etat « qui prendra en main cette grande cause? « Si la République française, au lieu de lutter pour vivre comme « elle l'a fait jusqu'ici, peut enfin travailler pour la liberté, pour la « civilisation, pour l'union européenne; si elle peut accomplir sa « mission d'éducation et de propagande, exercer cette influence « grâce à laquelle les institutions se transforment et s'améliorent; « si, par elle, le peuple conscient de ses droits comme de ses « devoirs, n'est plus un souverain pour rire, l'Europe alors s'ache- « minera peu a peu dans un orbite de paix, vers son amélioration « politique et sociale. Alors les institutions deviendront démocra- « tiques de fait comme les mœurs; l'instruction répandra partout c sa lumière et nous porterons nos pas ,rers le but qui est l'aspira-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==