La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

484 LA REVUE SOCIALISTE Il ne s'agit plus de combattre pour l'existence, mais de march er en avant« pour la Justice sociale » (paroles de M. Carnot au banquet des maires). Il faut faire aimer la République par le pays . Les boulangistes escomptent déja les nouveaux ajournements de réformes. La réaction n'a plu· qu'une planche de salut, l'av ortement des réformes. Ces quatre années de législature doivent donc être employées à étudier les questions économiques si pressantes, à voter des lois depuis longtemps attendues, à réaliser <lesréformes pratiques. En avant pour la défense des tntérêts démocrati ques, pour assurer l'avenir de la République, inséparable de la gran deur de la France. Eh bien, et le socialisme? Le peuple ne l'a pas encore comp ris. Ses candidats ont bien, par ci par là, obtenu <lerespectables minorités. Quelques-uns, précisément les plus moderés ou si l'on veut les plus éclectiques, ont réussi à passer. Mais en somme le parti socialiste rentrera à la Chambre, comme il en est sorti, peut -être même diminué, sans chef et sans boussole. Ses meilleurs éléments resteront encore en dehors du Parlement. Quant à ceux. qui ont l'honneur d'être députés, c'est le plus sincèrement du mond e que nous leur souhaitons d'ètre provisoirement résignés à l'inévitable et de parvenir a organiser sans compromissions et sans danger pour la République, une opposition vraiment utile aux intérêts qu'ils l'eprésentent, aux convictions dont ils sont les gardiens. En terminant, qu'il nous soit permis de liner aux méditations de tous les <lépuiés sans distinction d'opinions, quelques paroles prononcées par Raspail en 1849 et qui sembleraient dater d'aujom·- d'hui : « Le socialisme n'est pas un parti, car tout parti finit par « engendrer une coterie qui l'exploite et toute coterie veut ti·ôn er. « La monarchie est fille d'une cotel'ie, le socialisme est fils de la « fraternité. Le socialisme n'est pas une opinion arrêtée a tout « jamais; une opinion est un dogme qui exige une aveugle croyan ce, « le socialisme l'aisonne et ne croit pas. Le socialisme n'est pas un « mystère et un axiome qui roule sur un point et exclut tous les « autl'es; un système se rapporte à des faits circonscrits et non a « un va::ileet imn1enseensP-mble.Le socialisme n'implique pas u ne u unité de croyance telle, que chaque socialiste soit forcé d'adop ter « la même manière de voir. « Le socialisme, c'est l'étude incessante et désintéressée de tout. c e « qui peut servir a améliorer définitirnment l'état moral et phy- < sique de la société humaine. Indéfini comme le progrès, immen se « comme la nature, infatigable comme le dévouement, son alpha ., est au fond <luberceau, son oméga est dans l'éternité des âges. « On lui demande: Que voulez-vous? « Il l'épond : tout ce qui est bien.

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