LE lllOUVEMENT FÉMININ 479 Laissons aux femmes françaises (elles y seront à leur place) le droit de prendre part aux délibérations, non seulement du bureau de bienfaisance et de la cais ·e des Ecoles, mais enco1·ede toutes les commissions d'assistance publique on d'enseignement. Abondonnons-leut· même dans chaque commune l'entrée à la commission de ré;:iartition des impôts. Cela serait une transition en attendant l'éligibilité communale ou au moins pour commencer l'électorat municipal elles connaissent fort bien les affaires de leurs communes. Elles Yotent déjà dans l'ile anglaise des Marquises dans certains des Etats-Unis d'Amérique où des gouyerneurs ont i~enclujustice a quelques admini~tt·ations entièeement féminines. - En France, il y a sept cents ans, diverses coutumes, entre autres celle de Beaumont-en-Argonne (1182) donnaient. deoit de vote anx yeuves, aux filles ayant ménage, et aux femmes ma1·iéesen l'absence de leurs maris. Voici également une autre preuye de la participation des femmes au règlement des affaires locales ayant la Révolution française. o·est la finale de certaines délibérations communales : « Lesquels tous et toutes ordonnè1·ent et devisèrent enti·e eux>>. Toutes ces mesures, la plupart immédiatement possibles et exigibles serviraient à habituer la femme a une vie plus libre, partant plus morale. Elle pourrait s'initier aux pratiques de la vie publique. Ce serait pour elle un acheminement Yers la jouissance pleine et. entière de tous ses droits. • . Pardon pour cette trop longue digression en viie de la cité idéale. Mais tout ceci n'est qu'une causerie sans prétentions. Revenons au mariage. Boire, manger, coucher ensemble Est mariage, cc me semble. dit un vieux proverbe p·eut-étre a.-sez gaulois, mais à coup sùr insuffisamment moral. Certes, les sens so1it clans l'amour, mais ils y sont seulement a titre de manifestation extérieure d'un sentiment moral. On doit entendt'e par amour c< la convenance intime et par conséquent la plus complète possible de deux indiYidus de sexe différent ..Ainsi compris, il est une des grandes choses de la nat~re, sïl n'est pas a vrai dir-e la plus grande de tout.es; compris, comme il doit l'étI'e, il figure au premier rang des droits et devoirs de l'homme. » C'est én proclamant bien haut ces vérités qu'on peut espérer de voir un jour le rayon moral toujours éclairer et vivifier l'association de l'homme et de la femme.·Aussi, quelle belle paraphrase à faire de cette pensée de Montesquieu : « Dans une action si libre que le mariage, et où le cœur doit avoir tant de pal't, on met la gêne, la nécessité, la fatalité du destin même»; de cette autre· de Jean-Jacques Rousseau : « Chacun des deux ,époux doit toujours
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