La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

4ï4 LA REVUE SOCIALISTE Eh bien, c'est dans cette vision bmentable que je crois avoir trouvé la réponse à la question que je_viens de pose!'. L'influence que la femme doit apportel' dans la sœiété est celle qui pourrn consoler toutes ces douleurs, guérir tous ces maux, rQparer toutes ces inj ustices. Mesdames, il n'y a qu'uue chose à opposer au mal, le bien; qu'un moyeu de vaincre l'égoïsme, le dévouement; qu'une force qùi puisse détruire la haine, l'amour. Et je ne crains pas d'étre démentie par aucune de vous en disant que tel le est notre réponse. C'est cet idéal supérieur que nous nous efforcerons de réalise1• dans la société. Chacune conservant au fond de son r:œur sa croyance et sa. religion spéciale, comme le foyer auquel elle ya puiser sa force, songe,·a davantage à la faire rayonner sur l'humanité qu'à discuter de sa valeur théorique, car la seule religion éternelle et durnble est celle qui vit dans le cœu1· et qui se traduit par des actes de bonté. Et après avoil' fait cette réponse il nous sera bien permis :l'exprimer des vœux. Nous demandons pour tous plus de justice dans les lois, plus d'amour dans les cœurs, plus d'espoir dans les âmes. Nous demandons que le rêve d'un bonheur futur avec lequel on s'efforce de consoler les pauvres êtres souffrants se réalise en partie sur cette terre, ca1· pou1· croire à, la justice immanente, il faudrait en voir déji le commenoement ici-bas. Nous demandons que l'intelligence et la science 11asoient pas glorifiées au détriment <le l'intuition et di.i sentiment et que l'on ne déclare pas la femme incapable parce qu'elle vit essentiellement par le cœur. Mais nous demandons aussi que tout en travaillant à l'amélioration pratique de l'humanité on lui laisse la foi indomptable et l'espérance immortelle qui ont soutenu les martyrs de la libe1té comme ceux de la religion. Il se peut que l'on ne croie pas à notre idéal, mais nous demanrfons qu'il soit respecté. , . . • Et dans ce jout· où le triomphe pacifique auquel nous assistons ne saurait nous faire oublier les incertitudes de l'avenir, plus que jamais nous avons besoin de nous souvenir que la France a toujours été l'amie des peuples opprimés, le défenseut· de t,outes les libertés, l'initiateur du progrès social. • Mesdames, quel que soit l'avenir réservé à nos patries, je vous Rupplie de ne jam;:Üs oub)iei· ce que la France républicaine a fait pour vou~ aujourd'hui. Le Congrès a adopté les vœux. suivants relatï-rnment aux questions de législation concernant la femme : 1° Mise eu pratique des p1incipes de 1789 en cc qui touche l'égalité civile des deux sexes; 2° Que l'àge de protection des mineures soit élevé et que le séducteur supporte toutes le<;conséq uenecs de la faute ; 3° Que la femme puisse être témoin instrumentaire ; qu'elle puisse exercer les fonctions de tutrice et de membre d'un conseil de famille, alol's méme qu'il ne s'agit pas de ses propres enfants; 4° Que la f~mme mariée puisse disposer librement du fruit de son travail, quelque soit le régime mati-imonial auquel elle est soumise, et qu'elle puisse également dispose1· de tous ses biens pr0Ye11ant de donatiuu ou de succession, sous réserve des <·onditions spéciales de son contrat de mariage; 5° Que les époux aient un droit égal pour l'éducation des enfants, pour le droit de correction, pour le consentement au mariage. En cas de conflit, il eat réglé pe.r le ti-ibunal civil en chambra du conseil.

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