460 LA REVUE SOCfALISTE et les lois les plus oppressives sans qu'elle ait à sa disposition aucun autre moyen de défense que la révolte. - Et comment y remédier? - Au moyen d'une institution établie dans les vraies républiques et que l'on nomme le référendum ou l'appel au peuple, à la nation. - Et en quoi consiste le référendum? - Il compr·endtrois opérations : 1°Le pétionnement; 2°L'admission ou le rejet de la pétition; 3° La formulation en loi ou en article de constitution du vœu de la pétition, lorsqu'elle a été admise. Par exemple : En Suisse, des électeurs en nombre déterminé par la constitution demandent une nouvelle disposition constitutionnelle; L'admission ou le rejet de la pétition est soumis au vote des électeurs de la nation par oui ou par non. Et si la majorité des votants s'est déclarée pour l'admission, la disposition constitutionnelle demandée est votée par de nouvelles Chambres élues à cet effet. - Je comprends la sagesse de la mesure, Charles, et j'en reconnais les bons résultats possibles, mais à la condition que toutes les précautions ·soient prises pour le bon perfectionnement du référendum. En ce qui concerne le droit de pétition, il y a tout avantage à le rendre aussi facile et aussi étendu que possible et j'admets qu'on peut sans aucun danger l'accorder, non seulement aux électeurs, mais encore aux assemblées élues telles que les conseils municipaux, les conseils d'arrondissement et de département, et je crois même qu'on pourrait sans danger et avec avantage accorder ce droit aux non-électeurs majeurs tels que les femmes ou les indigènes de nos colonies. Il conviendrait seulement de fixer le chiffre exigé de pétitionnaires, de façon à permettre l'exercice du droit de pétition sans s'exposer à des consultations trop fréquentes et inutiles. Mais l'admission ou le rejet des pétitions qui est l'opération la plus grave du référendum au point de vue de ses conséquences me paraît ne devoir être confiée qu'à un corps capable de la bien et mûrement effectuer, et je ne suis nullement rassuré sur la capacité de notre suffrage universel à cet égard. - En Suisse pourtant, Louis, c'est le suffrage universel qui décide l'admission ou le rejet des pétitions et il n'en est résulté jusqu'ici aucun inconvénient appréciable, aucune suite regrettable. - Je suis disposé à croire, Charles, que le peuple Suisse habitué depuis longtemps .à vivre en République, à jouir des bien-
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