458 LA REVUE SOCIALISTE 4° Les électeurs conscients du pouvoir de leur député sur les ministres harcellent leur cléputé de demandes cletoutes sortes. 5° Les députés, dans la crainte <lemécontenter leurs électeurs et de compromettre leur réélection clans l'avenir. n'osent repousser ces <lemanclme~t sont obligés d'entretenir pour des intérêts privés avec leurs électeurs d'une part, avec les ministres et avec tous les chefs de senice d'autre part, une correspondance écrasante qui leur enlève tout loisir pour l'étude et la préparation des lois; 6° Peesque toutes les places sont données indùment à des solliciteurs qui n'y ont lJas droit et contrairement aux exigences du bien public; 7° Pour obtenir des ministres les faveurs qu'ils leur demandent pour leurs électeurs, les députés sont obligés de vendre leurs votes aux ministres et de renoncer à l'accomplissement des promesses de leur programme; 8°Ainsi les ministres font voter des lois qui augmentent leur pouvoir sur la nntion, et d'autre part la possession du ministère donnant à un parti la disposition de toutes les places et de toutes les faveurs, cette possession est pour les partis comme celle du gou-rnrnement centralisé pour les prétendants, un sujet continuel d'envie, l'occasion de luttes perpétuelles dans lesquelles ils usent leur énergie au lieu de l'employer à la confection des lois, et la nation s'indigne à attendre toujours les lois promises; 9° Enfin l'instabilité ministérielle est, comme je te l'ai montré, la cause de la cor1°uptiongénérale de la nation depuis le moindre des électeurs jusqu'aux députés et aux ministres. Vois-tu bien clairement les bienfaits que produira à l'établissement de la stabilité ministérielle? - Oui, Charles, cette réforme me paraît aussi bienfaisante qu'indispensable, mais sera-t-elle suffisante? - Non, Louis, elle est la première, la plus nécessaire ,à accomplir, mais il est indispensable de la compléter par d'autres réformes également nécessaires, également bienfaisantes. § 2. -Séparation de l'eœécutif et du législatif. - Aujourd'hui nos ministros constamment occupés a préparer les lois, à les proposer, a les soutenil' dans les Chambres ne peuvent donner à la direction de leur ministère qu'une faible partie de leur temps et ils so·nt les esclaves de leurs bureaux. De plus les discussions continuelles que les ministres doivent soutenir dans les Chambres, obligent à prendre pour ministres des orateurs, des avocats, plutôt que des fonctionnaires habiles dans le service dont ils sont chargés. Il en résulte que nos ministres n'ont presque jamais le temps ni
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