LA RÉVISION RATIONNELLE 457 Que, d'autre part, les populations, libres partout de réaliser dan~ leur cercle d'action les progrès poue lesquels elles sont mûres, de conserver les institutions qui leur semblent encore nécessaires, ne soient plus entraînées par l'impatience ou par le mécontentement à demander à un sauyem' l'accomplissement de leurs vœux. Dès lors, tout danger de rechute en césarisme, toutes les déperditions de forces pour la conquête du pouvoir, tous les mécontentements disparaîtraient, et le progrès suivrait son cours naturel sans accélération forcée, comme sans retard imposé dans toutes les parties de la France. Acceptes-tu ·ces conclusions, Louis? - Parfaitement, Charles. - Alors les deux remèdes aux maux de la situation sont : 1• L'organisation rationnelle du gouvernement central; 2° La limitation des pouvoirs du gouvernement central et l'extension des pouvoirs des gouvernements secondaires ou locaux· Et nous allons, si tu veux, les étudier successivement. - Entendu. CHAPITRE PREMIER ORGANISATION RATIONNELLE DU GOUVERNEMENT CENTRAL § 1 •• - Établissement de la stabili"téministéri'elle. - Quelle est, Charles, dans l'organisation de notre gouvernement la réforme la plus urgente"? - De l'avis de tous les partis républicains ou autres, c'est l'établissement de la stabilité ministérielle. Avecl'instabilité ministérielle, avec le pouvo:r qu'ont les Chambres de renverser le ministère par un simple vote de défiance, aucun de nos grands services ne peut être dirigé avec suite par son ministre, c'est, comme tu le comprends, un grand malheur pour tous les services, et surtout pour les Affaires étrangères, pour la Guerre, le Commerce, !'Industrie et les Travaux publics. Mais l'instabilité ministérielle entraîne des maux bien plus grands, dont peu d'hommes se rendent bien compte; ainsi, vois : l O Au lieu de pouvoir se livrer librement à la direction des services de son département, tout ministre doit à chaque instant veiller, penser et pourvoir à la conservation de son portefeuille. 2° Les ministres étant solidaires et tombant tous ensemble, la faute et la chute de l'un deux entraîne la chute de tous les autres. 3°Les députés et les sénateurs, forts du pouvoir qu'ils détiennent de renverser le ministère, exigent- des ministres des places et des faveurs pour leurs parents, leurs amis et leurs électeurs.
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