La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

456' LA REVUE SOCIALISTE presque tout leur temps à satisfaire les intérêts privés de leurs électeurs, et les lois les plus impatiemment réclamées restent perpétuellement en discussion sans aboutir. Les énergies individuelles, celles des communes, des arrondissements et des départements sont annihilées ou entravées par l'intrusion perpétuelle du pouvoir central. Bref, le mécontentement est général et à son comble, et la république battue en brèche par les monarchistes et par les bonapartistes, faiblement défendue à cause de sa stérilité par les vrais républicains découragés, est menacée de ruine. Est-ce bien ainsi, Louis? - Tout à fait, Charles. Et à quelles causes peut-on attribuer cette situation déplorable et • si périlleuse? - A deux. grandes causes, Louis. D'abord la concentration exagérée des pouvoirs, par la puissance qu'elle confère, excite toutes les convoitises, engendre les luttes stériles, corrompt les gouvernants et les gouvernés et annihile toutes les énergies individuelles ou locales. Ensuite, la mauvaise organisation du gouvernement central fomente égc!,lementla corruption générale, annihile la souveraineté nationale, et empêche ou retarde le vote des lois les plus nécessaires, les plus impatiemment attendues. Suppose au contraire qu'au lie\!.d'être centralisé comme il l'est aujourd'hui, de conférer à celui qui le détient un pouvoir presque irrésistible s'étendant sur tous, sur toutes les parties du territoire et à tous les services sans exception ; Qu'au lieu d'être au-dessus de la nation et de pouvoir à son gré lui imposer telle forme de gouvernement qu'il lui conviendrait d'établir, telles lois qu'il lui plairait de promulguer, tels fonctionnaires qu'il lui plairait de nommer; Le gouvernement central soit ramené à ses justes limites, à la direction des services exclusivement nationaux; Que même dans ces services, la nation reçoive des garanties qui lui assurent le plein exercice de sa souveraineté. Qu'en outre, pour les services) 0 égionaux ou provinciaux, pour les serYices de département, d'arrondissement, de canton et de commune, dans toute la France, chaque groupe correspondant recouvre sa liberté de groupement, d'organisation et d'administration; Qu'ainsi limité le pouvoir central ne puisse plus exciter aucune convoitise ni devenir menaçant pour les libertés de la nation; Que, par la spécialisation et la simplification des divers pouvoirs qui le composent, ses travaux soient rendus aussi rapides et parfait:-: qu'ils sont aujourd'hui lents.et imparfaits. J

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