LA RÉVISION RATIONNELLE 455 mesures de salut sont absolument urgentes et que la prudence commande de les réaliser sans aucun retard. Sociali tes, vous qui ne voyez devant vous que des problèmes économiques, et qui n'attachez qu'une importance absolument secondaire aux questions politiques, si vous prenez la peine d'observer les faits de tous les jours depuis un long terme, vous aboutirez à cette constatation, que l'imperfection de notre organisation politique ost la cause permanente et inévitable de la stérilisation de toutes les activités, du retard apporté à l'étude et à la solution des questions économiques; et vous serez conduits à conclure que l'organisation rationnelle de notre gouvernement républicain forme le pont nécessaire pour arriver a la solution des questions qui vous préoccupent, et que vous ne pouvez plus fructueusement appliquer vos efforts qu'a la fondation préliminairement indispensable de l'ordre politique. Français de tous les partis, en présence des grandes monarchies qui nous entourent et qui marchent vers la république comme nous y avons marché, mais qui resteront pour nous une pe1·pétuellemenace tant qu'elles n'y seront pas arrivées; en présence des grands problèmes économiques qui nous menacent de déchirements intérieurs immense~, unisson~-nous pour le salut de la patrie française et travaillons tous a fonder un gouvernement d'ordre, de justice et <leliberté qui facilite sans secousse tous nos progrès successsits, et qui, servant <l'exempleet de confort aux'nations qui nous entourent, les conduise, pour leur salut comme pour le nôtre, par la république a l'union avec nous dans une paix perpétuelle. Tel est l'objet du modeste entretien que je viens soumettre à votre examen et à vos méditations. Carvin, le 15 août 1889. OH. BAGGIO. PRÉLIMINAIRES LA SITUATION, SES CAUSES ET SES REMÈOES. Comment vois-tu la situation en France, Charles? - Voici comme elle m'apparaît, Louis: Périodiquement des prétendants _menacentde s'emparer du pouvoir, de renverser la république et de nous faire reculer en royauté ou en empire. A l'état permanent les partis usent leurs forces en luttes politiques stériles pour la conquête des ministères et des pouvoirs qu'ils confèrent. Dans ces luttes perpétuelles la solution si nécessaire des problèmes économiques est indéfiniment retardée, nos législateurs dépensent
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