La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

450 LA REVUE SOGfALISTE demande des terres croîtra immensément (pal' l'accroü;sement de la population), tandis que la quantité n'augmentera va~, il at'l'ÏYcra que la rapacité des propriétaires fera foi en maliè1·e de ferma~e (c'est-a-dire en dernière analyse en matière d'exploitation du trayail agricole). Ils pourront faire monter le fermage à des taux si éleYés qu'il absorbera non seulement le produit du service clostenes, mais encore celui du capital engagé et toute la plusvalue du travail agricole. De là a la langueur de l'industi'ie rurale et. l'anéantissement d'une nation il n'y a qu'un pas. » « Ce tableau, s'écrie encm·e Agüero, que nous citons d'après la traduction rieM. Peyret, ce tableau dont la perspecti ,·e est capable d'émouvoir tout homme sensible, change entièrement d'aspect qu1ncl l'J~tat est le propriétaire et l'afiormeur du sol. Alors, comme los inté1·êts do l'Etat sont parfaitement d'accord avec los intéPèts <lesfermiers et que le jeu de ces intérêts harmoniques consiste justement à ceéer de grands contPibuables en faisant do riches emphythéote~ le taux du fermage sera toujours équitable et la fortune publique ne sera pas aliénée. » On ne peut qu'approuyer cette perspicace argumentatioll. << Il ne qonvient nullement, appuyait sagement. le député Pas~0, et moins encore dans un gouyernement républicain que dans un aut,·e, qu'il y ait de granLls propriétaires, maîtl'e <le la rente fonciè1·eet tout autour d'eux. un amas <lecitoyens pamTes, Lrayaillant pom· ces p1·opriétaires et Yirant clans lem· d~pendance. ,, Que pensent los politiciens bourgeois,qui mènent si bien l'Europe à la baoque1·oute et à la conflagration générale, de cette i;aisissante obsenation? Le Messager argentin, inspiré par Rivadayia et rédigé par ,leux Européens convertis à ~es idées a~raires, s'attacha de son cùté à faire re~sortir les inconYénients et le fatal aboutis~ant ,le la forme d'appropriation régllante en JEuropcet <1ansl'Amérique du Not'<1. « Les tlésor,lros, lisait-on dan~ cc( ol'gane du collectiYisme gouYernemental, les tlésol'dres qui donnaient lieu à tant de plaintes en Frnnce, avant la Révoluti0n, les maux. qui affligent aujourd'hui l'Irlancle, n'ont d'autre origine quo l'accumulation de la propriété territoriale. Nous serions coupables aux. yeux. des contemporains et <lela postérité si nous négligions de prendi·e dès le commencement des mesures pour nous préserver d'un semblable fléau. Il n'en faut pas <1a:rnntagepour arrêtbr l'essor productif d'un pays, qu'elle que soit la sagesse de ses institutiom. Elles tomberaient successiYement c.:ar,grâce à la facilité a:-reclaquelle on monopoliserait les terres, il se fol'rnerait aussi tôt une classe !Jl'ivilégiéo, qui abuserait de sa position pour rompre l'équilibre, condition de la stabilité d'une république. On ouv1·ir,fl.it ainsi la porte' a une aristocratie tet·rienne

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