La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

448 T.A REVUE SOCIALISTE furent ramenées triomphalement â Buenos-Ayres. Honorable, mai5 stérile hommage auquel le grand novateur aurait préféré le retour â ses idées de réforme agraire et la mise en Tigueur de sa constitution économique. Mais il n'en fut pas question; si Rosas avait été vaincu, le bourgeoisisme conservateur qui l'aYait porté au pouvoir restait triomphant et l'ère des inégalités économiques et des conflits sociaux, que la réforme collectiviste de RiYadavia aurait pour jamais fermée, restait ouverte. Il nous reste maintenant â exposer sommairement le ~ystèrne agraire de RivadaYia, point de départ, on le Yerra, du collectivisme foncier contemporain. II Plus réalisateur qu'écrivain, Rivadavia n'a pas, que nous sachions, donné à sa pensée novatrice le revêtement théorique d'un exposé explicatif et démonstratif ; pour saisir sa proposition agraire dans tous ses développements, nous devons recourir aux commentaires justificatifs de ses disciples. Dans cette seconde partie 'de notre travail, comme dans la première, nous prenons pour guide la substantielle étude de M. Peyret, qui le premier a fait connaître le réformateur sud-américain au public socialiste européen. Nous regrettons de n'avoir pas sous les yeux les mémorables débats du Congrès argentin de 1826, qui fut, nous dit M. Peyret, â la hauteur du graye sujet soumis â ses délibérations et qui aboutit noblement par la loi du 18 mai 1826. On connaît l'économie de ce texte légal résumé précédemment par nous ; on a vu qu'il contient dans ses parties essentielles la grande renndication collectiviste contemporaine et que, comme cette dernière, il fait un juste départ, laissant au travail sa récompense et sa plus-value, â l'État sa rente de propriétaire éminent et sa fonction d'administrateur de l'avoir social. Avant et après la promulgation de la loi, de nombreux commentaires justificatifs furent publiés. En tête des apologistes se place,sans conteste, le digne collaborateur de Rivadavia et son ministre des finances, Julien Agüei·o, qui sut faire ressortir puissamment les avantages du système rivadavien. Il en démontra tout d'abord la praticabilité, avec un sens très juste des réalités. « Personne, disait-il, ne prendra de grandes étendues de terrain, s'il a â payer des sommes considérables; mais si la loi établit une rente modique et que la législation s'engage â ne pas changer le ..

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